Vies transformées au Ghana : davantage d’enfants atteints de handicap vont à l’école

« La réponse est quatre », annonce Patricia, 10 ans, en affichant un grand sourire avant de se rendre avec confiance au tableau pour écrire la solution au problème de mathématiques posé ce matin-là.

La division était le sujet du jour du cours de mathématiques de cette classe de deuxième année de primaire à l’école de l’assemblée de district Afoko à Sandema, la capitale du district de Builsa dans la région du Haut Ghana oriental et Patricia écoutait attentivement les instructions de l’enseignante.

De prime abord, cette salle de classe ghanéenne ressemble à toutes celles du pays. Toutefois, si l’on y prête un peu plus attention, on s’aperçoit que certains élèves sont atteints de troubles légers à modérés.

Patricia en fait partie. En raison d’une légère paralysie cérébrale, Patricia éprouve des difficultés pour bouger et utiliser ses capacités motrices. À l’âge de 4 ans, lors de son arrivée à l’école de l’assemblée de district Afoko, elle avait du mal à utiliser un crayon.

Patricia est la seule élève de l’école atteinte de paralysie cérébrale. Néanmoins, ses camarades ne la traitent pas différemment pour autant.

Elle doit en partie son niveau d’intégration dans l’école aux efforts du personnel, y compris de Sylvia Abagrimi, l’enseignante de Patricia, qui encourage les camarades de la fillette à interagir avec elle comme avec n’importe quel autre élève. « J’essaie de m’assurer qu’elle n’est pas laissée de côté. Ses camarades de classe vérifient qu’elle va bien. Je la fais aussi s’asseoir à côté de son ami Salamu. Parfois, il l’aide à écrire. »

UNICEF KafembeEn classe, Patricia est assise aux côtés de son ami Salamu.

Patricia a également reçu le soutien de Paulina Adekaldu, la directrice de l’école, qui voulait garantir sa réussite. « À la fin de la journée, j’aidais Patricia à apprendre à écrire et à tenir son crayon. À présent, elle sait écrire et elle participe en classe comme tous les autres élèves. »

Au Ghana, on dit souvent que les enfants atteints de paralysie cérébrale ou de toute autre forme de handicap sont cachés au sein de leur communauté. Selon les données du recensement de la population et de l’habitat du Ghana effectué en 2010, un enfant sur trois est atteint de handicap et n’est pas scolarisé en raison de celui-ci.

Sans le soutien de la communauté ou des enseignants, la plupart des parents pensent que leur enfant sera rejeté et qu’il n’y aura pas de mécanisme d’aide pour leur permettre d’aller à l’école ou de mener une vie épanouie.

Briser les obstacles

Il y a deux ans, le district de Builsa a cherché à mettre un terme à ces inégalités. Dans le cadre de l’adoption de la politique d’éducation inclusive récemment initiée par le gouvernement, le district s’est ainsi lancé dans des efforts concertés pour permettre aux enfants atteints de handicap léger à modéré d’être scolarisés et d’apprendre.

Avec l’aide de l’UNICEF, en partenariat avec l’USAID, le district a pris en charge un programme de sensibilisation communautaire invitant les parents à découvrir que tous les enfants, atteints ou non de handicap, ont droit à l’éducation.

« Nous avons évoqué de façon ouverte le handicap avec des parents et nous les avons informés au sujet des services disponibles à l’école pour les aider », explique Kennedy Afagachie, coordinateur spécial du district en matière d’éducation à Sandema. Les services d’éducation du district indiquent aux enseignants comment effectuer des examens élémentaires puis comment aider tous les enfants, qu’ils soient ou non atteints de handicap, à tirer profit de l’enseignement.

Des troubles physiques, du comportement, de la vue ou de l’audition ont été identifiés dans l’ensemble des écoles du district et les enseignants ont trouvé des solutions pour s’assurer que ces élèves profitent du meilleur accès possible à l’éducation..

Une enseignante vêtue d’une chemise noir et blanc se penche sur une table en parlant à deux élèves.
UNICEF KafembePatricia (à gauche) reçoit des instructions d’une enseignante lors d’un cours de mathématiques.

Aujourd’hui, plus de 450 enseignants de Sandema ont été formés à l’éducation inclusive et les enfants de Sandema atteints de handicap léger à modéré peuvent se rendre dans n’importe quelle des 83 écoles élémentaires du district.

Il suffit d’écouter Patricia pour réaliser à quel point elle aime venir à l’école. Quand je lui demande pourquoi c’est important pour elle, Patricia répond avec des étoiles dans les yeux : « parce que je peux apprendre ».

L’éducation est un droit accordé à tous, qui est toutefois encore refusé à beaucoup d’enfants atteints de handicap au Ghana. Malgré tout, pour chaque enfant de Sandema, pour chaque enfant comme Patricia, les droits élémentaires à l’apprentissage, au jeu et à la vie à l’école sont devenus une réalité. Patricia peut en témoigner.

Eulette Ewart est Responsable de la communication pour UNICEF Ghana.

 

 

 

Réagir à cet article

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont annotés « obligatoire. »