Vaccination antipolio et éradication de la maladie : au-delà des gouttes

La polio, jadis une maladie redoutée dans le monde entier, est sur le point d’être vaincue, une réussite mondiale obtenue grâce aux vaccins. Avant la course menée pour l’éradication de la polio sur la planète entière, les enfants du monde entier étaient exposés à cette maladie dévastatrice et incurable qui se terminait souvent par la paralysie et un handicap permanent.

Les cas de polio ont été réduits de 99 % et la maladie ne survit à présent que dans les communautés défavorisées et marginalisées où l’UNICEF et ses partenaires continuent de vacciner les enfants dans le but d’éradiquer la maladie au niveau mondial.

Quand nous pensons à l’éradication de la polio, nous imaginons une mère en train de bercer son enfant dans ses bras tandis qu’un agent sanitaire dépose une goutte de vaccin dans sa bouche ouverte.

Mais ces gouttes de vaccin ne sont qu’un des aspects de la question.

L’UNICEF et ses partenaires participent à l’administration du vaccin oral antipolio dans les régions où la polio est présente à l’état endémique ou dans celles où des épidémies se sont produites. Le vaccin oral est extrêmement efficace mais, parce qu’il contient une forme atténuée du virus actif, il peut, dans des cas rarissimes, se transformer lui-même en maladie.  Ce virus utilisé pour le vaccin et ayant subi une mutation peut être transmis à l’environnement et infecter d’autres enfants.

Cela se passe très rarement mais cela est particulièrement préoccupant dans les communautés où la couverture vaccinale n’est pas totale, ce qui fait courir aux enfants le risque d’être paralysés à vie.

La seule façon de parvenir à une éradication totale de la polio et d’arrêter un jour l’utilisation à la fois du vaccin oral et du vaccin antipolio actif est d’introduire un vaccin inactivé ne contenant pas de virus actif et ne présentant pas les risques d’un vaccin antipolio obtenu à partir d’un virus.

L’UNICEF, un des cofondateurs de l’Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite, collabore avec les 126 pays n’utilisant actuellement que la version orale afin qu’ils commencent à introduire au moins une dose de vaccin inactivé dans leurs programmes de vaccination d’ici la fin 2015.

En 2014, les efforts on porté sur la planification et la préparation de l’introduction du vaccin inactivé. À la fin de l’année, sur les 126 pays, 9 avaient introduit le vaccin, 116 s’étaient officiellement engagés à l’introduire – 100 parmi ceux-ci ayant établi des plans d’introduction – et 66 des 72 pays pouvant en bénéficier se sont vu accorder une aide financière de la part de Gavi, l’Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination.

Bien que nous ayons réalisé d’importants progrès, beaucoup reste à faire en 2015 pour l’UNICEF et ses partenaires pour pouvoir rester sur la voie de l’éradication de la polio. Les derniers pays à compter seulement sur le vaccin oral devront introduire le vaccin inactivé d’ici la fin de l’année, un objectif d’autant plus difficile qu’il leur faut commencer à établir des plans de mise en œuvre, des stratégies de communication et de formation de leur personnel à la préparation d’un retrait final du vaccin oral.

Grâce aux innombrables agents de vaccination antipolio dans le monde qui œuvrent sans relâche depuis plus d’une décennie, l’éradication de la polio est à présent à portée de main alors même que nous nous préparons à effectuer un changement au niveau mondial dans la façon dont nous protégeons les enfants contre cette maladie. L’UNICEF et ses partenaires ont montré qu’une coordination internationale en faveur de la vaccination sauve des vies alors que nous faisons tout notre possible pour créer un monde où tous les enfants peuvent être en bonne santé et réaliser tout leur potentiel.

Meg Farrell est coordonnatrice « vaccin antipolio inactivé » à la section Santé du siège de l’UNICEF de New York.

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