Une « maman psy » pour les enfants touchés par Ebola

« Les enfants me posent beaucoup de questions sur la maladie et sur la raison pour laquelle ils se trouvent ici », explique Sylvie Waridi, psychologue au centre de traitement d’Ebola situé à Beni, dans l’est de la République démocratique du Congo.

Sylvie fait partie des 150 assistants psychosociaux formés par l’UNICEF pour venir en aide aux personnes touchées par le virus Ebola. Son rôle est de fournir un soutien psychologique aux enfants traités dans le centre. « Je leur parle, je les rassure et j’écoute leurs inquiétudes », déclare-t-elle.

Une grande joie chaque fois qu’un enfant quitte le centre

La psychologue s’est occupée de Gloria* et d’Emmanuel*, des jumeaux de 8 ans. Les deux enfants ont été admis au centre et placés en observation après avoir montré des symptômes laissant soupçonner la présence du virus. « Ça n’a pas été facile pour eux de comprendre ce qui leur arrivait. Heureusement, comme ils étaient deux, ils pouvaient s’épauler l’un l’autre », raconte Sylvie.

Un femme assise face à deux enfants à l'extérieur
© UNICEF/DRC/2018/NaftalinSylvie Waridi conseille deux enfants qui viennent de quitter la cellule de traitement d’Ebola située à Beni, dans le Nord-Kivu, en République démocratique du Congo (RDC).

La mère des jumeaux, fortement ébranlée par la situation, pensait que ses enfants allaient mourir. « Le père, en revanche, gardait espoir. Tous les matins, il venait jusqu’à la grille du centre et y restait jusqu’à la nuit tombée, pour s’assurer que ses enfants puissent le voir », continue-t-elle.

Après six jours d’observation et deux tests négatifs, tout danger a enfin pu être écarté. « C’est une grande joie chaque fois qu’un enfant quitte le centre », explique Sylvie.

Pour la psychologue, ce moment marque le début d’une nouvelle phase dans son travail. Elle doit alors, avec des mots simples, rappeler aux enfants ce qui leur est arrivé et ce qui les attend. « Tous les enfants qui sortent du centre recherchent le contact physique, poursuit-elle. Le fait de les tenir dans nos bras leur donne la force et la confiance nécessaires pour affronter ce qui va suivre. »

Les mains de deux enfants tenus par les mains d'une femme
© UNICEF/DRC/2018/NaftalinSylvie Waridi tient la main de deux enfants qui viennent de quitter la cellule de traitement d’Ebola située à Beni, dans le Nord-Kivu, en République démocratique du Congo (RDC).

Les enfants ayant séjourné dans le centre de traitement d’Ebola font face à un risque de stigmatisation élevé, et le retour à la maison n’est pas toujours simple. Sylvie se rend régulièrement dans le quartier de Gloria et d’Emmanuel pour s’assurer qu’un bon accueil leur a été réservé. « Il faut expliquer aux voisins en quoi consiste cette maladie, ainsi que les raisons pour lesquelles les enfants ont été admis au centre puis rendus à leur famille. »

Ces dernières semaines, Sylvie a vu plusieurs enfants arriver au centre. Heureusement, elle en a également vu plusieurs en sortir après avoir été déclarés en bonne santé.

 

Yves Willemot est le chef de la communication de l’UNICEF en République Démocratique du Congo.

* Les prénoms des enfants ont été modifiés pour préserver leur anonymat.

Réagir à cet article

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont annotés « obligatoire. »