Sur les lignes de front de l’action humanitaire en République centrafricaine

Voilà un an que la violence a atteint son paroxysme en République centrafricaine, obligeant  des millions de personnes à fuir leur foyer. Cette année a été marquée par une violence incessante, des déplacements massifs de population et un manque critique de financement pour les interventions humanitaires. En dépit de ces obstacles formidables, les agents humanitaires des lignes de front apportent une aide cruciale.

Un an après que les violences en République centrafricaine ont forcé un million de personnes à fuir leurs foyers, on compte encore 410 000 personnes déplacées dans le pays. Madeleine Namsona vit sur le site de personnes déplacées sur le terrain de l’aéroport de Bangui avec 22 000 autres personnes. « Je veux que les gens voient comment je vis », dit-elle.

UNI176480Entre janvier et avril 2014, environ 1 500 musulmans et membres de la minorité Peul ont été encerclés dans une enclave du quartier PK12 de Bangui. L’ONU a aidé à évacuer la plupart de ces familles dans le nord du pays en avril. Mais des milliers d’autres restent assiégées dans des enclaves à Bangui, Boda, Carnot, Yaloke et d’autres villes.

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Une jeune fille sur les ruines d’une mosquée détruite par des assaillants dans le quartier Miskine à Bangui. La mosquée, située dans un quartier autrefois mixte de chrétiens et de musulmans, est l’une des nombreuses mosquées qui ont été détruites.

UNI176478Il n’y a qu’un seul hôpital pédiatrique en République centrafricaine, qui traite tous les enfants blessés dans les combats. Alexis, 3, a reçu en plein visage la balle qui a tué son père. Après l’opération de chirurgie, réalisée par l’ONG italienne Emergency, il a commencé à manger de nouveau. « Je veux qu’il aille à l’école et devienne quelqu’un d’important », affirme sa mère.

UNI176477Depuis que des combats acharnés se sont déroulés dans la capitale de Bangui, il y a 12 mois, des dizaines d’enfants ont été tués, des centaines ont été mutilés, et des milliers d’autres ont été déplacés. Plus de 5 000 personnes sont mortes dans les combats en République centrafricaine, selon un bilan de  l’agence Associated Press.

NYHQ2014-0882Près de 30 000 enfants sont atteints de malnutrition sévère en RCA. Florence Adeline a marché pendant des jours à travers la brousse pour obtenir un traitement nutritif pour son enfant de 2 ans, Tantine, dans la ville méridionale de Boda. Après que des  hommes armés ont détruit leur maison, sa famille a fui dans la brousse, où pendant des mois ils ont bu l’eau des marais et mangé des plantes sauvages.

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Une mission de maintien de la paix des Nations Unies en RCA a été lancée à la mi-septembre. Les forces de maintien de la paix françaises et européennes sont également à pied d’œuvre dans le pays.

UNI163839L’UNICEF estime que jusqu’à 10 000 enfants sont maintenant actifs dans les groupes armés en République centrafricaine. Jusqu’à présent, l’UNICEF a obtenu la libération de plus de 2 100 enfants et leur a donné un soutien psychosocial, une formation professionnelle et s’est efforcé de retrouver leur famille.

UNI176475Le conflit en République centrafricaine se caractérise par le pillage des services sociaux de base, y compris les bureaux gouvernementaux, les écoles, les centres de santé, et les usines de traitement de l’eau.

UNI176482En moyenne, la moitié des écoles en RCA ont été fermés cette année. Le mois dernier, une importante campagne de  Retour à l’école a été retardée par la violence à Bangui et la reprise des combats dans le nord et l’ouest du pays.

© UNICEF/2014/GrarupDans les zones où il est encore trop dangereux de rouvrir les écoles, l’UNICEF organise des centres d’apprentissage où les enfants étudient les maths et le français et où ils reçoivent un soutien psychosocial. «Je veux m’assurer que mes étudiants ne se tournent pas vers des actions de violence et de vengeance, mais qu’ils apprennent à être honnête et gentils », affirme Antoinette, une enseignante bénévole.

© UNICEF/2014/LeMoyneL’alimentation en eau a été un service de base qui n’a pas été dévasté par les épisodes de violence dans la capitale de la République centrafricaine. Grâce à un partenariat conclu avec l’Union européenne/ECHO, l’UNICEF a pu fournir des équipements de traitement de l’eau critiques et effectuer des réparations pour renforcer le système d’alimentation en eau de la capitale et amener des camions citernes sur les sites de personnes déplacées.

Ce reportage photo est paru à l’origine sur le Daily Maverick.

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