Si on croit en moi, je suis capable de tout

A girl holding her hand out on which is written"get tested".
©UNICEF/Ukraine/Vlasova/2016Yana Panfilova, 18 ans, Ukraine.

Si les gens croient en moi, alors je peux tout faire : un point de vue personnel sur le fait d’être née séropositive

 

 

 

Le virus du sida n’a jamais été un obstacle pour Yana Panfilova, 18 ans. En fait, il n’a fait que la motiver.

« Le VIH a été comme un stimulant pour moi et m’a encouragée à en faire davantage en tant que militante », déclare-t-elle. « Si les gens croient en moi, alors je peux tout faire. »

Yana has spent the last eight years campaigning in her native Ukraine to raise awareness in a country with one of the worst rates of HIV infection in Europe. In 2015, around 220,000 people were living with HIV and most newly-registered cases of infection were among young people.

Yana a passé les huit dernières années à militer dans son Ukraine natale pour sensibiliser son pays dont le pourcentage de personnes séropositives est l’un des plus élevés d’Europe. En 2015, près de 220 000 personnes vivaient avec le VIH et la majorité des nouveaux cas de séropositivité enregistrés concernait les jeunes.

Yana a appris qu’elle était séropositive à l’âge de 10 ans. Née d’une mère droguée, elle a vécu dans un orphelinat jusqu’à ses 3 ans avant que sa mère, alors désintoxiquée, puisse la ramener à la maison. Aujourd’hui, Yana et sa mère dirigent Teenergizer, une association de soutien aux adolescents séropositifs qui bien souvent n’ont personne vers qui se tourner, comme Yana le sait d’expérience.

« J’en avais assez qu’on me demande à l’école ce qu’étaient ces comprimés que je prenais », se souvient-elle. « À cette époque, je mentais et disais que c’était pour mon cœur. Puis brusquement, je me suis rendue compte que je me discriminais moi-même en gardant le silence sur ma maladie – et que cela devait changer. J’ai pensé que si je parlais ouvertement de ma séropositivité, d’autres adolescents comprendraient qu’ils ne sont pas seuls. »

La discrimination, la désinformation et une éducation sexuelle insuffisante constituent des obstacles au test de dépistage du VIH en Ukraine. Seulement 10 % des adolescents et des jeunes ont fait ce test et, bien qu’ils puissent légalement le faire de manière anonyme s’ils ont plus de 14 ans, les médecins ne veulent souvent pas leur communiquer le résultat sans le consentement de leurs parents.

Yana s’inquiète également du fait que les adolescents ne se soignent pas correctement car les préjugés empêchent nombre d’entre eux de prendre des médicaments antirétroviraux.

L’association Teenergizer apporte son soutien aux jeunes en les conseillant, en militant pour le changement, en organisant des réunions d’information dans les écoles et en assurant une surveillance des centres de test.

Lorsqu’elle n’est pas occupée à travailler pour Teenergizer ou pour le Conseil consultatif de la jeunesse de l’ONU en Ukraine, Yana étudie à l’université. « J’ai fait un mémoire et lorsque j’ai vu que ma note était B, j’ai demandé à mon professeur pourquoi j’avais eu cette note », déclare-t-elle en riant. « Elle a répondu que c’était à cause de mon retard. » Je lui ai alors dit, « C’est parce que je prononçais un discours à l’ONU à New York dans le cadre d’une réunion de haut niveau. »

D’ailleurs, Yana ne compte pas s’arrêter là. Elle rêve de devenir un jour présidente de son pays. En plaisantant, elle se dit combien ce serait génial de devenir Présidente ou Première Ministre de l’Ukraine et de pouvoir dire : « Je suis séropositive et je vis bien. »

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