Sénégal : Protection et intégration sociale grâce au football

Parmi les « lions de la Téranga », surnom donné à l’équipe nationale de football du Sénégal, Cheikhou Kouyaté, le capitaine, se distingue par son parcours atypique. Si la plupart de ses coéquipiers ont été formés dans des centres à l’étranger, lui s’est initié au football dans le quartier populaire de Grand-Yoff-Khar Yalla, à Dakar, où il est né et a grandi. Le Grand-Yoff est une zone surpeuplée qui accueille 350 000 habitants pour une superficie de 8 000 m². De nombreuses ethnies, y compris des communautés venues de pays voisins, se côtoient dans ce territoire multiculturel.

Dans les quartiers populaires de Dakar, les enfants s’adonnent aux joies du football à tous les coins de rue. Ce sport est bien plus qu’un jeu pour eux. Il véhicule des valeurs positives et constitue un moyen de protection contre la drogue, la sexualité à risque et la violence. Le football peut aider les enfants à rester en bonne santé et à garder confiance en eux.

Comme de nombreux enfants de son quartier, Cheikhou Kouyaté est confronté au décrochage scolaire, à la mendicité et à la violence. Mais le football va transformer sa vie. Avant d’évoluer dans des clubs professionnels nationaux et internationaux, l’actuel capitaine prend ses marques dans le championnat national populaire et amateur – appelé aussi « navetane » – qui voit les jeunes de quartiers s’affronter autour du ballon rond lors des vacances scolaires.

Aujourd’hui star de l’équipe nationale, Cheikhou demeure toujours sensible aux difficultés auxquelles font face les enfants des quartiers défavorisés de Dakar et du pays. Pour lui, il est important de plaider en faveur d’une meilleure protection des enfants et de dire non à la violence. « La situation est extrêmement grave. Nous devons trouver une solution. Nous devons donner à ces enfants les moyens de devenir nos futurs ministres, nos futurs présidents, nos futurs médecins », déclare-t-il.

L’UNICEF Sénégal, en collaboration avec ses partenaires locaux, a développé le concept du  « football pour la réhabilitation ». À Guédiawaye, une banlieue surpeuplée de Dakar d’environ 400 000 habitants, l’UNICEF appuie par exemple une association qui utilise le football comme outil pour identifier les enfants déscolarisés, en conflit avec leur famille ou vivant dans la rue.

L’initiative a pour but de fournir à ces enfants vulnérables un espace de recréation et de jeu. Le football les aide à reprendre confiance, à dialoguer et à progressivement réintégrer l’école et leur communauté.

Agir en faveur de la réalisation des droits des enfants est essentiel pour leur assurer un avenir meilleur et l’implication de personnalités comme Cheikhou Kouyaté aide à sensibiliser à la cause des enfants.

« Nous sommes des ambassadeurs et devons faire quelque chose », conclut-il.

Au Sénégal, 30 % des enfants de moins de 5 ans ne sont pas enregistrés à l’état civil, 15 % des enfants ne vivent avec aucun de leurs parents, 33 % des filles sont mariées avant 18 ans et 14 % des filles de moins de 15 ans ont subi des mutilations génitales féminines.

 

UNICEF Sénégal

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