Sauver des vies grâce au financement

En travaillant pour l’UNICEF en Afrique et au Moyen-Orient, j’ai compris à quel point il était important de disposer des produits de base essentiels à l’amélioration du bien-être des enfants. Lors de ma mission au Libéria, pendant la crise sanitaire de l’épidémie d’Ebola, j’ai observé l’effet des fournitures liées à l’eau et à l’assainissement telles que les kits d’hygiène et le chlore, ainsi que les conséquences dramatiques à long terme de l’interruption ou de l’arrêt des services de vaccination. Cependant, je ne savais ni comment ces produits essentiels étaient acheminés sur place ni comment ils étaient financés.

Maintenant que je travaille à la Division des approvisionnements de l’UNICEF, à Copenhague, je comprends mieux le lien intrinsèque entre le financement et la survie des enfants. C’est notamment grâce au financement de l’approvisionnement que les pays font parvenir les produits essentiels aux enfants au bon moment.

Un enfant reçoit une injection dans le bras.
© UNICEF/UN0149109/BrownUn enfant rohingya est vacciné dans le camp de fortune pour réfugiés d’Unchiprang, dans le district de Cox’s Bazar, lors d’une campagne de vaccination contre la rougeole soutenue par l’UNICEF.

Qu’est-ce que cela signifie concrètement ?

Généralement, l’UNICEF œuvre dans les pays à revenu faible et intermédiaire afin de sauver des vies d’enfants, de défendre leurs droits et de leur permettre de réaliser leur potentiel. La Division des approvisionnements axe ses activités sur les pays qui mobilisent leurs propres ressources et qui s’efforcent d’intégrer certaines fonctions à leur chaîne d’approvisionnement. Il s’agit de pays, comme le Bangladesh, qui bénéficiaient de l’aide de bailleurs de fonds et qui tentent désormais de s’approvisionner eux-mêmes durablement (on les appelle souvent les « pays en transition »). Ces pays rencontrent des difficultés de planification de leurs budgets nationaux pour l’achat de produits de première nécessité. En d’autres termes, ils ont du mal à anticiper afin que des sommes suffisantes soient disponibles lorsqu’il est nécessaire d’acheter des fournitures pour que les enfants ne manquent de rien.

Le Bangladesh dépendait entièrement du financement accordé par la Banque mondiale pour l’achat de vaccins. Depuis 2017, le pays a réduit sa dépendance à cette aide, et une part croissante de la vaccination est financée par son budget national. Il s’agit là d’une évolution positive, mais la coordination des décaissements et de l’achat de vaccins est un processus complexe et long. À cet égard, le Bangladesh sait qu’il est important de faire appel à des mécanismes de financement de l’approvisionnement afin de devenir autonome à terme.

Quel rôle joue l’UNICEF ?

L’an dernier, l’UNICEF a aidé le Bangladesh à résoudre des problèmes d’échéances budgétaires grâce à des solutions permettant de combler des déficits temporaires en attendant le déblocage de certains fonds. Le Bangladesh faisant face à des problèmes de flux de trésorerie, et non pas à une insuffisance réelle de fonds, l’UNICEF est intervenu deux fois en 2017 pour combler des déficits et garantir la livraison des vaccins en temps voulu. Cela a permis d’accélérer l’acheminement de 12,8 millions de doses de vaccins destinées aux enfants, acheminement qui n’aurait pas été possible sans cette intervention. Lorsque les budgets nationaux sont débloqués, ces « prêts » sont remboursés. Ainsi, la continuité de l’approvisionnement est assurée, les ruptures de stock sont évitées, et les vaccinations ne sont pas interrompues.

Le Ministère de la santé du Bangladesh a affecté 22 à 25 millions de dollars des États-Unis à l’achat de vaccins pour 2018, une somme complétée par les interventions de financement des fournitures de l’UNICEF.

 

Un enfant tenu par sa mère pleure tandis qu'un agent de santé lui injecte une dose de vaccin.
© UNICEF/UN0149109/Brown;Sajeda Begum (à droite), agent de santé communautaire, injecte à Mohammed Hassan (13 semaines) une deuxième dose de vaccin pentavalent à Panar Sheerabajar, un village du district rural de Cox’s Bazar, au Bangladesh..

En situation d’urgence, les solutions de financement de l’approvisionnement peuvent être une question de vie ou de mort. En 2017, lors de la crise des réfugiés rohingyas à Cox’s Bazar, au cours de laquelle 60 % des personnes ayant besoin d’une aide humanitaire étaient des enfants, l’UNICEF a comblé les déficits de financement et accéléré l’acheminement de produits nécessaires à l’éducation, à l’alimentation, et à l’eau, l’assainissement et l’hygiène, alors que le Bangladesh attendait le déblocage de fonds. L’UNICEF a fini par réunir les financements suffisants pour fournir en urgence des produits tels que des trousses d’hygiène familiales, des colis « l’école en boîte » ainsi que des comprimés de purification d’eau, pour un montant de près de 1,5 million de dollars.

À présent, je comprends parfaitement l’enchaînement d’événements qui permet à des produits vitaux de parvenir aux enfants et à leur famille dans les centres de santé isolés de la banlieue de Monrovia ou à Cox’s Bazar aujourd’hui. Le financement de l’approvisionnement permet de respecter les droits des enfants, notamment des plus vulnérables, et ces interventions sont indispensables pour garantir la bonne santé des enfants tout au long de leur vie.

Chaque année, l’UNICEF fournit des biens et des services essentiels au respect des droits des enfants à la santé, à l’éducation et à la protection, pour un montant s’élevant à plus de trois milliards de dollars. La Division des approvisionnements de l’UNICEF veille à ce que des fournitures vitales, abordables et de qualité soient disponibles en quantités suffisantes là où les enfants en ont besoin. Elle soutient les activités continues des programmes de l’UNICEF et intervient rapidement pour acheminer des fournitures dans les situations d’urgence.

Alvina Lim est consultante en matière de données, de rapports et de communication auprès du service des achats, au sein de la Division des approvisionnements de l’UNICEF.

 

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