RDC : Une lutte rapide et efficace contre Ebola

À l’heure où j’écris ces lignes, je me trouve dans la zone de santé d’Iboko, dans le sud de la province de l’Équateur, en République démocratique du Congo (RDC). Il y a près de deux mois, le Ministre de la santé a déclaré une épidémie d’Ebola dans le pays. Iboko est l’une des trois zones de santé touchées.

Ces dernières semaines ont été particulièrement stressantes et éprouvantes pour toute l’équipe de l’UNICEF en RDC. Au cours de l’une des premières réunions de coordination, le Représentant de l’UNICEF a clairement donné le ton : nous sommes en guerre contre la maladie. Pour contenir l’épidémie, nous savions que nous devions être rapides et efficaces.

Rapidité et efficacité

Quelques heures après l’annonce de l’épidémie, j’ai quitté mon bureau de Kinshasa et je suis monté à bord d’un avion affrété par les Nations Unies pour Mbandaka, capitale de la province de l’Équateur. À partir des locaux de l’UNICEF qui s’y trouvent, nous avons pu rapidement mettre en œuvre notre intervention face à cette nouvelle situation de crise.

Nous sommes en guerre contre la maladie

Mbandaka se situe à environ 100 km au nord de la zone de santé de Bikoro où les premiers cas d’Ebola ont été diagnostiqués. Mon séjour à Mbandaka fut court, car nous devions nous rendre à Bikoro dès que possible. Trois jours après l’annonce de l’épidémie, je me trouvais à Bikoro avec mes collègues médecins : Agnes, Modestine, Vincent et Jean-Pierre. Notre mission se révélait à la fois simple et complexe : pour contenir le risque de propagation, nous devions rapidement repérer tous les patients atteints d’Ebola et toutes les personnes qui auraient pu entrer en contact avec eux.

À la poursuite de la maladie

Alors que la maladie se propage vers Mbandaka et la zone de santé d’Iboko (à l’est de Bikoro), nous devons élargir notre action à ces nouvelles zones touchées. Il faut poursuivre la maladie à mesure qu’elle s’étend. Bikoro ne sera pas mon dernier arrêt.

République démocratique du Congo.Avant d’entrer dans l’école, les élèves de l’école primaire « Vie Nouvelle » du quartier de Wangata doivent se laver les mains.
© UN0216104/ShadidLe 30 mai 2018, en République démocratique du Congo, avant d’entrer dans l’école, les élèves de l’école primaire « Vie Nouvelle » du quartier de Wangata doivent se laver les mains, puis on prend leur température à l’aide d’un thermomètre infrarouge fourni par l’UNICEF, afin de réduire le risque de transmission de la maladie à virus Ebola à Mbandaka, capitale de la province de l’Équateur. Depuis le début de l’épidémie d’Ebola dans le pays, l’UNICEF et ses partenaires ont fourni à plus de 300 000 personnes des informations vitales de protection contre la maladie.

Après une bonne semaine de travail à Bikoro, je me rends à Iboko pour diriger notre première équipe sur place. Je me trouve dans des endroits où la situation est de plus en plus difficile. Mais cela ne m’effraie pas. Si la maladie arrive jusqu’ici, nous serons là pour l’arrêter.

Ces dernières semaines, la poursuite d’Ebola rythme mes journées : suivi de l’évolution de la maladie, des patients touchés et des personnes en contact avec eux, organisation des campagnes de communication et de sensibilisation sur les méthodes de protection, distribution des appareils de lavage des mains dans les lieux publics, et soutien psychologique aux familles concernées. Actuellement, nous suivons plus de 150 personnes dans la zone de santé d’Iboko : un véritable travail de fourmi.

Aujourd’hui, il est impossible de prévoir comment cette épidémie va évoluer, mais une chose est sûre : nous disposons de toutes les ressources nécessaires pour gagner rapidement cette guerre.

 

Tony Byamungu, Responsable de la santé pour l’UNICEF en RDC, a été l’une des premières personnes à atteindre Iboko, l’endroit le plus difficile d’accès pour la lutte contre Ebola.

Réagir à cet article

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont annotés « obligatoire. »