Népal : une semaine après le séisme

Le séisme a causé une énorme blessure dans le cœur des népalais et des gens comme moi et ma famille qui vivons parmi eux. Il reste encore de nombreux blessés dans les hôpitaux et centres de santé de Katmandou et des régions entourant l’épicentre du tremblement de terre. Et bien des gens qui habitent les districts se trouvant autour de l’épicentre -souvent très difficile d’accès- ont besoin d’une aide d’urgence.

La priorité est d’assister ceux qui en ont le plus besoin et le plus rapidement possible. Il faut acheminer de l’eau potable, des vivres, des médicaments, des tentes, des kits d’hygiène et par la suite le matériel qui va servir à dispenser les cours dans les endroits où les écoles sont détruites.

L’UNICEF a livré deux avions-cargo transportant du matériel de secours dont des tentes, des kits d’hygiène, des comprimés de purification de l’eau et des seaux. L’organisation poursuit activement son intervention d’urgence et plusieurs autres avions-cargo transportant des tonnes de matériel arriveront dans les jours à venir.

Ce matin, je me suis promené dans Dhapasi, le quartier de Katmandou ou nous habitons depuis près de deux ans. Même si le sol a encore tremblé à l’aube et que la situation demeure incertaine -voire inquiétante- ce que je vois ce matin en marchant dans les sentiers de mon quartier, c’est que les gens vivent au rythme de la reconstruction.

Des membres d’une même famille tentaient de retirer les meubles de ce qui était une maison à trois étages. Tout près d’eux, des mâcons étaient déjà en train de réparer le mur d’un centre récréatif pour enfants.

Des mâcons en train de réparer le mur d’un centre récréatif pour enfants à Dhapasi
©Jean-Jacques SimonDes mâcons en train de réparer le mur d’un centre récréatif pour enfants à Dhapasi

À Dhapasi, les enfants à qui j’ai parlé ce matin sont tous tournés vers l’avenir, même si certains d’entre eux habitent toujours dans des tentes car leurs maisons sont détruites. Deux enfants rencontrés à la limite de mon quartier -qui marque la frontière entre le monde urbain et le monde rural- s’occupaient plutôt de leurs deux buffles venus manger l’herbe fraiche du plateau.

Quel que soit le milieu social des enfants de Dhapasi, la plupart d’entre eux parlaient d’un éventuel retour à l’école avec grande joie.

Les enfants de Katmandou et des régions affectées ont été grandement marqués par ce tremblement de terre. Il est important pour eux de reprendre le chemin de l’école car cela s’inscrit dans un retour à la vie normale ou ils vont tenter d’oublier la tragédie pour se tourner vers l’avenir.

Un avenir qu’ils construisent et imaginent à leur façon. Comme le disait ma fille de trois ans hier soir en route vers l’aéroport : « Papa, heureusement que le tremblement de terre n’a pas cassé la lune, car elle est si jolie. »

Jean-Jacques Simon est Chef de la communication du bureau régional de l’UNICEF Asie du Sud

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