Migration, intégration et culture

Ceux qui se déplacent d’un pays à l’autre, d’une société à une autre, peuvent être confrontés à la différence de cultures et des aspects de la vie quotidienne.

C’est ce que j’ai vécu.

Quand je suis arrivé en Italie, j’ai remarqué une grande diversité et une manière différente de concevoir la vie au quotidien. Chaque personne apporte dans ses bagages ses propres habitudes, sa propre façon d’agir et de raisonner, selon sa propre culture. Pour s’adapter à cette vie nouvelle, il faut embrasser certains éléments de la nouvelle culture.

Je me suis demandé: « Je parle une autre langue, comment puis-je alors échanger quelques mots ? ». J’ai compris la nécessité d’apprendre la langue locale, pour pouvoir aller au supermarché ou pour demander à quelqu’un de m’indiquer une adresse. Mais, pour moi, le plus important est de pouvoir demander de l’aide en cas de danger, savoir comment prévenir les autorités, par exemple.

Un jeune homme se tient debout face caméra
UNICEF/IbrahimBahIbrahim, 16 ans, de Guinée, habite maintenant à Palerme, en Italie

 

Apprendre la langue est fondamental pour comprendre les autres aspects de la vie dans toute société.

Il est important de rappeler que comprendre une culture – ses diverses facettes, sa langue, etc. – favorise une adaptation plus rapide. Cette compréhension est utile pour évoluer dans le nouveau monde qui nous accueille.

L’intégration, à mon avis, n’est pas une question de choix, mais une nécessité, que nous ne pouvons nier. Nous ne pouvons pas nous détourner de la question de l’intégration si nous voulons bien vivre, sans être dépendants des autres, sans commettre d’impairs.

Je n’ai personnellement eu aucun problème à apprendre la langue car j’avais déjà un niveau scolaire assez avancé. Ce qui rend, à mon avis, l’intégration plus difficile est l’analphabétisme. Ne pas savoir lire rend les choses beaucoup plus compliquées.

Il n’était pourtant pas facile de tout apprendre. C’est un processus qui demande du temps et qui se met en place petit à petit grâce aux diverses activités culturelles, aux relations d’amitié et à l’expérience de la vie au quotidien. C’est par tous ces éléments que l’intégration se réalise.

Une fois que la personne est intégrée, elle a plus de possibilités de participer à la résolution des questions concernant sa vie. À Palerme, en Sicile, grâce à l’équipe One UNICEF et au Bureau du Garant , beaucoup de jeunes se rassemblent sur une plateforme appelée « U-Report on the Move ». Cette plateforme a pour but de les aider à trouver des solutions aux problèmes les concernant, tels que l’exercice de leur droit à la justice et à la liberté.

Prendre part à U-Report m’a donné le courage de me pencher sur tout ce qui concerne l’amélioration de la loi et la facilitation de l’intégration d’autres jeunes migrants arrivés comme moi en Italie. Je me suis engagé dans l’association « Mete Onlus », basée à Palerme, qui intervient dans diverses régions du monde dans le domaine des droits de l’homme.

Il est important pour nous de recevoir de l’aide, mais nous devons aussi apporter notre contribution. Nous devons prendre conscience que nous sommes les premiers responsables de notre vie et de notre avenir. Reconnaître cette responsabilité personnelle est le premier pas pour bâtir un avenir radieux.

Ibrahim Bah a 16 ans, il vient de Guinée et habite à Palerme en Italie. Il est étudiant, stagiaire blogueur sur « La Voix des Jeunes » et volontaire pour METE, une association chargée de la promotion et la protection des droits humains en Italie et ailleurs

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