Les enfants non accompagnés, victimes de la violence en RDC

Depuis plusieurs mois, la violence sévit dans les provinces du Tanganyika et du Sud-Kivu, dans le sud-est de la République démocratique du Congo (RDC). Ces provinces sont en proie à des violences interethniques et des affrontements entre l’armée régulière, les milices et groupes armés.

Les enfants sont les premières victimes des affrontements. Les villages sont brûlés, les écoles détruites et les centre de santé pillés, ce qui entraîne d’importants mouvements de population.

La seule province du Tanganyika compte 654 000 personnes déplacées, dont 462 000 enfants. L’UNICEF estime que plus de 500 enfants sont non accompagnés à travers la province.

Ngoy est un de ces enfants qui ont dû fuir leur village à cause de la violence.

« Nous étions chez nous quand les pygmées ont fait une incursion dans notre village. Ils ont pris ma mère et l’ont tuée en ma présence. J’ai alors fui avec mes voisins jusqu’ici, au camp de Monikaymana. Aujourd’hui je vis avec eux et quand ils ont quelque chose à manger, nous partageons. »

Une fille assise devant une hutte
UNICEF/DRC/LongaAprès avoir perdu ses deux parents, Manda (17 ans) a fui avec des voisins vers le camp de Katanika 2

Manda,17 ans, est elle aussi une mineure non accompagnée. Elle vient de Katibili, un village situé à 18 kilomètres au sud de Kalemie, la capitale de la province du Tanganyika. Elle vit maintenant à Katanika 2, un des nombreux camps qui ont spontanément vu le jour autour de Kalemie ces derniers mois.

« Mon père et ma mère sont morts lors des attaques de notre village. J’ai vu mes parents se faire tuer. Ma mère a été assassinée d’un coup de hache et mon père par une flèche empoisonnée. J’ai fui avec des voisins vers le camp de Katanika 2. Ici, nous dormons sur un sol mouillé. Nous n’avons pas de bâches pour nous protéger contre la pluie et le froid. »

Manda a pu poursuivre sa scolarité mais « quand on nous a demandé de l’argent pour continuer, nous avons dû arrêter car nous n’avions pas assez d’argent. » 

Gérôme a 13 ans. Cela fait déjà plusieurs mois qu’il vit dans le camp de Katanika 2 avec des voisins de son village. Durant des mois, il ne savait pas où se trouvaient ses parents et s’ils étaient encore vivants.

Récemment le chef du camp lui a appris que sa mère et sa grand-mère avaient été tuées lors d’une attaque mais il n’a toujours pas de nouvelles de son père.

« La vie dans le camp est difficile. Pour survive, nous rassemblons du bois que nous vendons aux gens de la ville. Un paquet de bois peut nous rapporter 500 francs congolais (environ 30 centimes de dollars américains). Cela nous permet d’acheter un gobelet de farine et une botte de feuilles des patates douces. »

Un garcon assis devant une hutte
UNICEF/DRC/LongaGérôme, 13 ans, ne sait pas si son père est encore vivant

 

L’avenir de Ngoy, Manda, Gérôme et de centaines d’autres enfants est menacé à cause de du conflit interethnique. L’UNICEF et ses partenaires ont relevé de nombreux cas de violation des droits de l’enfant, notamment des recrutements par les groupes armés, des séparations familiales, des violences sexuelles, des meurtres, des mutilations, des enlèvements et des attaques contre les écoles et les hôpitaux.

Le travail de l’UNICEF et de ses partenaires

En raison d’un accès humanitaire restreint et du manque de moyens financiers, l’UNICEF et ses partenaires n’ont pu apporter, jusqu’à présent, qu’une assistance limitée aux enfants non accompagnés et aux personnes qui les ont accueillis.

En l’attente de fonds additionnels des bailleurs, nous prévoyons de former des partenaires sur le terrain pour appuyer la documentation et le compte-rendu des violations graves des droits des enfants, d’identifier les enfants non accompagnés, de former des familles d’accueil et d’organiser des cours de rattrapage pour tous les enfants déplacés.

En savoir plus sur la situation en RDC.

Yves Willemot est Chef de la communication au bureau de pays de l’UNICEF en RDC. Il a précédemment occupé les fonctions de Directeur général du comité national belge pour l’UNICEF et de Conseiller en communication pour le bureau régional de l’UNICEF en Afrique de l’Ouest et centrale.

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