L’eau… c’est l’enfance

Lorsqu’un enfant a accès à de l’eau potable propre près de chez lui, il a la possibilité d’aller à l’école, d’apprendre, de jouer avec ses amis et de vivre une enfance normale.

Pourtant, actuellement, environ 2,1 milliards de personnes n’ont pas accès à de l’eau salubre. Beaucoup d’enfants consacrent chaque jour plusieurs heures à aller chercher de l’eau, se privant parfois de la possibilité d’aller à l’école. Ce trajet peut se révéler dangereux. Les jerricanes d’eau transportés par les enfants sont parfois lourds, puisqu’ils pèsent généralement aux alentours de 20 kg.

Cette activité quotidienne de collecte d’eau bouleverse la vie de certains enfants. Ils craignent les attaques, redoutent de parcourir d’aussi longues distances à pied, et se voient privés de la possibilité d’aller à l’école ou de jouer avec leurs amis. On leur vole leur enfance, car leurs journées sont organisées autour de cette corvée d’eau.

Voilà ce qu’Eva et Catherine, deux sœurs, m’ont raconté lorsque je les ai rencontrées le mois dernier au Soudan du Sud. Les deux fillettes font partie des quatre millions de personnes déplacées en raison d’un conflit. Comme de nombreuses autres familles, elles vivent désormais dans une région où il n’y a pas suffisamment d’eau propre pour toute la population.

Pendant la saison sèche, les deux sœurs marchent pendant au moins deux heures, deux fois par jour, pour aller chercher de l’eau. Elles consacrent donc quatre heures de leur journée à cette tâche. Le trajet du retour est difficile, surtout pour Eva, l’aînée, qui a perdu la partie inférieure de son bras lorsqu’elle était plus jeune. Les fillettes doivent en effet transporter les lourds jerricanes et supporter la chaleur du soleil.

C’est dans le Nil qu’elles puisent de l’eau. Or, celle-ci n’est pas propre et véhicule des maladies qui touchent de nombreux enfants au sein de leur communauté.

Two girls walking toward the camera on a dusty road
Eva et Catherine, en chemin vers chez elles. Le trajet n’est pas toujours sûr et de nombreuses filles ont déjà été agressées. Dans le monde, 263 millions de personnes passent plus de 30 minutes par jour à aller chercher de l’eau.

 Lorsque j’ai demandé à Eva, l’aînée, ce qu’elle ferait si elle ne consacrait pas chaque jour autant de temps à aller chercher de l’eau, elle m’a répondu qu’elle irait à l’école. Elle rêve de devenir enseignante plus tard. Quant à sa cadette, Catherine, elle cuisinerait ou jouerait avec sa sœur.

Cette année, l’UNICEF s’efforce d’approvisionner environ 800 000 personnes en eau propre dans tout le Soudan du Sud. Il s’agit notamment de construire une station d’épuration dans la zone où vivent Eva et Catherine. Ainsi, les deux sœurs auront la possibilité de retourner à l’école et de faire ce qu’elles aiment. À l’âge de 8 et 10 ans, les enfants doivent pouvoir jouer, apprendre, et vivre une enfance normale.


Philippa Lysaght s’occupe du plaidoyer au sein de l’équipe chargée de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène à l’UNICEF.

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Commentaires :

  1. Quelle souffrance ! L’eau est indispensable pour toute activité dans la vie, même pour traiter les maladies dues à l’eau sale qu’elles boivent obligées, il faut de l’eau propre pour les opérations chirurgicales et pour vivre tranquillement.