La lutte contre Ebola en Sierra Leone grâce aux connaissances médicales

Retrouvez ici toutes les dernières informations sur le travail de l’UNICEF pour protéger les enfants et leurs familles dans les pays touchés par l’épidémie d’Ebola.

Vingt étudiants sont assis dans une classe à Freetown et écoutent un formateur. Il pourrait s’agir d’une scène banale mais le sujet, Ebola, et leur âge (principalement dans la quarantaine), en font une cours d’un genre particulier.

Les étudiants appartiennent tous au personnel soignant et sont notamment des infirmiers, des infirmières et des médecins qui apprennent comment prévenir l’infection dans un environnement hautement contagieux. La formation est assurée par des membres du Center for Disease Control and Prevention (CDC) d’Atlanta. Elle a été organisée par l’UNICEF, en collaboration avec l’Ebola Response Consortium (ERC), l’International Rescue Committee (IRC), Concern Worldwide et Save the Children avec une aide financière provenant du DFID.

La formation a pour but d’apprendre au personnel médical comment travailler correctement en utilisant un équipement de protection individuelle (PPE) pour dépister les cas d’Ebola chez les patients, isoler les cas suspects et continuer à assurer les services de santé réguliers liés à la vaccination, à la nutrition, aux soins prénatals, au VIH, à la tuberculose, au paludisme et à la pneumonie auprès de la population, particulièrement les femmes et les enfants âgés de moins de cinq ans.

Ceci est indispensable pour rétablir la confiance dans le système de santé à la fois pour le personnel médical (il se sent en sûreté) et pour la population (elle a le sentiment que les membres du personnel médical sont des professionnels et savent comme il peuvent la protéger).

Depuis le début de l’épidémie, plus de 80 agents de santé sont morts à cause d’Ebola tandis que plus de cent autres ont été infectés. Prévenir l’infection parmi le personnel médical est une priorité importante car l’intervention de secours prend de l’ampleur.

Il s’agissait d’une formation de formateurs qui permet à ces agents de santé d’aller former plus de personnel à la prévention et au contrôle de l’infection dans tout le pays. Ceux qui ont été formés iront former 1200 services de santé supplémentaires à travers tout le pays.

Un luxe nécessaire : le contrôle de l’infection

« Dans les pays qui ont un système de santé fragile, le contrôle de l’infection est un luxe, plus qu’une nécessité », dit Ben Levy, du CDC.

Ben souligne qu’enrayer la contagion semble être une question de connaissances et de ressources et que, bien que les professionnels de la santé en Sierra Leone soient très engagés et aient de nombreuses années d’expérience, « ils ne sont pas habitués au niveau approprié de prévention et de contrôle de l’infection, ni pour les patients ni pour eux. »

Lors des phases initiales de l’épidémie, les services de sante manquaient également de matériel.

Aujourd’hui, les connaissances pratiques et le matériel médical sont en train d’arriver dans le pays. L’UNICEF a envoyé par ponts aériens presque 230 tonnes de matériel comme du chlore, des gants en latex, des sacs en plastiques pour les corps afin de soutenir le contrôle de l’infection et de prévenir l’infection ou le décès de membres du personnel médical, déjà en nombres insuffisants. Le pays compte en moyenne un médecin pour 33 000 personnes.

Le protocole d’utilisation d’un équipement de protection individuelle (PPE) dans un service anti-Ebola est aussi strict que celui qui s’appliquant à la façon de le quitter. Les stagiaires iront former à leur tour le personnel de 1200 services de santé supplémentaires à travers tout le pays.
©UNICEF/ 2014/BadeLe protocole d’utilisation d’un équipement de protection individuelle (PPE) dans un service anti-Ebola est aussi strict que celui qui s’appliquant à la façon de le quitter. Les stagiaires iront former à leur tour le personnel de 1200 services de santé supplémentaires à travers tout le pays.

Connaissances et confiance

Rebecca Amara (35 ans) est une des infirmières participant à l’atelier. Elle dit qu’il n’y a pas de spécialiste du contrôle des infections dans les centres de santé de Sierra Leone et elle est intéressée par la formation. La plupart des informations sont nouvelles pour elle.

Une de ses collègues qui se trouve à sa table confirme : « je vois le personnel médical qui expose ses bottes au soleil comme façon de les « nettoyer ». Désormais, je leur dirai d’utiliser une solution de chlore à 0,5, de les laisser tremper pendant une demi-heure et de les retourner pour les laisser sécher. »

La solution doit être adaptée. « Si elle est trop forte, elle endommage le matériel, si elle est trop faible, elle ne tue pas le virus », dit Ben.

Après la théorie, il et temps de passer à la pratique. Les participants apprennent comment utiliser des vêtements de protection correctement pour éviter l’infection.

Le protocole ne semble pas facile du tout à appliquer. « C’est difficile, confirme Abu Conteh, un infirmier, mais la pratique me donne plus de confiance. »

À présent, la dernière difficulté semble être la réduction du temps de travail pour le personnel médical afin d’éviter de commettre des erreurs dues à la fatigue, le facteur humain déterminant et imprévisible.

Yolanda Romero est une consultante qui travaille pour UNICEF Sierra Leone.

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