La famine, un danger supplémentaire pour les enfants du Soudan du Sud

Cela fait maintenant plus d’un mois que la famine a été déclarée dans certaines parties du Soudan du Sud. Pour les enfants du plus jeune pays du monde, l’aggravation de la crise alimentaire survient dans un quotidien déjà marqué par d’innombrables difficultés.

L’ampleur de la crise dans laquelle est plongé le pays est accablante. Plus de 4 millions d’enfants ont besoin d’une aide humanitaire, avec presque 1,9 million de personnes déplacées dans le pays depuis le début des hostilités, en décembre 2013. Plus d’1,6 million de personnes ont fui vers des pays voisins en quête d’un endroit sûr et l’UNICEF estime que plus d’un million d’enfants souffriront de malnutrition aiguë en 2017.

La détérioration de la situation en matière de sécurité alimentaire et de nutrition est principalement due au conflit et à l’insécurité, aux conséquences de la crise économique et à l’épuisement des stocks des dernières récoltes.

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UNICEF/ModolaDes femmes portent des sacs d’aide alimentaire à Thonyor, dans le comté de Leer, au Soudan du Sud.

Pour les enfants et les familles des régions touchées, et en fait dans tout le pays, se procurer suffisamment de nourriture n’est qu’une des difficultés du quotidien. Le conflit a forcé des centaines de milliers d’enfants à partir de chez eux, les privant d’éducation et de services de santé élémentaire et les exposant aux risques de violence, de recrutement, et même de mort.

Le conflit actuel a provoqué le déplacement répété des communautés, éparpillant des millions de personnes dans le pays, dans des endroits reculés où il est incroyablement difficile d’apporter des produits et services essentiels pour les enfants comme de l’eau propre, l’assainissement, de la nourriture, des médicaments et l’enseignement.

Cela signifie que des organismes comme l’UNICEF et le Programme alimentaire mondial (PAM) doivent coordonner des missions d’intervention complexes pour faire parvenir des produits et des services de base aux familles vivant souvent dans des endroits très isolés et difficiles d’accès. Avec les tensions et combats actuels, le simple fait d’accéder à certains endroits constitue un défi considérable.

Toutefois, depuis la déclaration de la situation de famine dans l’État de l’Unité, le 20 février, le PAM et l’UNICEF ont réussi à mener huit missions du mécanisme intégré d’intervention rapide dans l’État de l’Unité et ont ainsi fourni des produits et services vitaux à plus de 170 000 personnes.

Lorsque l’on entend le récit du personnel de l’UNICEF qui participe à ces missions, l’envergure des difficultés auxquelles sont confrontées les communautés devient très claire.

Le Dr Panyuan Joseph Baluang fait partie de l’équipe de l’UNICEF qui est intervenue à Aburoc, dans l’État du Nil supérieur. Il décrit la situation là-bas : « La plupart des familles passent leur journée à l’ombre des arbres. Les enfants ont l’air traumatisés et les familles n’ont que très peu de nourriture pour survivre ». Certaines familles, qui peinent déjà à trouver assez de nourriture pour survivre, prennent en plus en charge des orphelins qui ont perdu leurs parents dans le conflit.

Les fournitures de base fournies par les missions d’intervention d’urgence sont d’une importance vitale pour les familles ne disposant que de peu de soutien ou d’aucun autre soutien. À Koch, l’un des endroits touchés par la famine, Christopher Otti, agent de l’UNICEF, explique que « la majorité des installations de santé et de nutrition ont été détruites, et les fournitures et équipements ont été pillés ou détruits par les combats ». Depuis le début de l’année, les équipes conjointes UNICEF-PAM, qui apportent de l’aide par avion et hélicoptère, ont pu atteindre plus de 450 000 personnes, dont plus de 51 000 enfants de moins de cinq ans.

En associant des opérations de parachutage à de l’acheminement par pont aérien, le PAM assure une aide alimentaire et un approvisionnement en suppléments nutritionnels tandis que l’UNICEF fournit des services vitaux de nutrition et de santé élémentaire, notamment des vaccins contre la polio et la rougeole pour les enfants, du matériel d’apprentissage et des fournitures relatives à l’eau, l’assainissement et l’hygiène. Les deux organisations assurent le dépistage et le traitement de la malnutrition et diffusent des informations et des messages relatifs à la nutrition. Les enfants séparés de leur famille ou non accompagnés sont enregistrés afin que commence le processus de réunification.

Pour de nombreuses communautés concernées par ces missions, il s’agit de la première aide reçue depuis des mois, voire des années. En raison de la destruction ou de l’interruption de nombreux services publics, ces missions peuvent être déterminantes pour la survie de ces communautés.

Benjamin Lokoyo, qui travaille dans l’enseignement pour l’UNICEF, faisait partie de la mission de mécanisme intégré d’intervention rapide à Leer. Il décrit ainsi les effets des missions : « Elles apportent aux communautés un soupçon d’espoir. Le PAM fournit de la nourriture et l’UNICEF se charge de vacciner les enfants, de dépister la malnutrition et d’aider les enfants souffrant de malnutrition ».

À mesure que l’accès s’améliore, l’UNICEF continuera d’étendre ses missions aériennes d’intervention rapide aux régions isolées du pays afin d’essayer de sauver les dizaines de milliers d’enfants dont la vie est menacée, en insistant toujours sur la nécessité pour les responsables politiques de garantir la paix aux enfants du Soudan du Sud.

Soutenez le travail de l’UNICEF pour les enfants au Soudan du Sud

Joe English est spécialiste de la communication pour l’UNICEF à New York. Il se trouve actuellement à Djouba, au Soudan du Sud

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