Je ne pouvais pas rester sans rien faire

Je ne pouvais pas rester sans rien faire. Je savais que je pouvais agir et me montrer responsable. J’ai décidé d’être porte-parole parce que je ne veux plus que des enfants naissent avec le VIH comme moi.

Comme des millions d’enfants dans le monde, j’ai été infectée par le virus du VIH à la naissance. Je prenais des médicaments sans cesse et je demandais à mon père pourquoi je prenais tout le temps des médicaments.

Ce n’est qu’en me rendant au centre pour les jeunes de Moundou que j’ai été informée que j’avais été infectée par le virus. C’était un peu difficile parfois… C’était difficile. Disons-le comme ça.

Je n’ai pas honte.

Je ne supportais pas la stigmatisation et j’ai décidé de rejoindre le club d’adolescents du Centre de Djenandoum Naasson. J’y ai trouvé du soulagement et de l’espoir. Avant, je sentais  que la stigmatisation me collait à la peau, maintenant c’est différent. Je n’ai pas honte et j’espère que de plus en plus de personnes rejoindront le mouvement

Depuis l’âge de 13 ans, Mani Djelassem Virgille parle en public des difficultés rencontrées par les adolescents vivant avec le VIH, comme elle. En janvier 2015, elle s’est adressée aux chefs d’États et aux premières Dames à l’occasion de la 14e Assemblée générale de l’Organisation des premières dames d’Afrique contre le VIH/SIDA à Addis-Abeba en demandant aux dirigeants de porter une attention particulière aux jeunes et aux adolescents dans la prévention et la lutte contre le VIH et le SIDA.

En Afrique, plus d’adolescents meurent chaque année de maladies liées au SIDA que de toute autre cause.

Le Tchad a réalisé d’importants progrès pour permettre la gratuité du traitement contre le SIDA et de l’accès aux soins de santé pour les personnes vivant avec le VIH dans le pays. Entre 2005 et 2013, le nombre de personnes recevant le traitement a triplé, mais il est toutefois nécessaire de renforcer la planification des stratégies et politiques nationales de lutte contre le VIH pour cibler les enfants et les adolescents.

Pour combler cette lacune, le Gouvernement du Tchad, avec l’appui de l’UNICEF et d’autres coparrainants de l’ONUSIDA, lancera en novembre la campagne nationale « All in : mettre fin à l’épidémie de SIDA chez les adolescents », une plateforme d’action et de collaboration pour encourager un mouvement social en vue d’obtenir de meilleurs résultats pour les adolescents grâce à des changements essentiels dans les programmes et les politiques. Mani fera partie des premiers jeunes porte-paroles de la campagne.

Suzanne Beukes est chargée de communication à l’UNICEF. Cet article est composé d’extraits d’un entretien entre l’UNICEF et Mani Djelassem Virgille datant de janvier 2015. Mani a 16 ans et vit à Moundou, dans le sud du Tchad

 

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