A Haïti, la vaccination des enfants a permis d’éviter une catastrophe sanitaire

Le séisme du 12 janvier 2010 a fait plus de 220 000 morts, 300 000 blessés et 1,5 million de sans-abris. D’innombrables familles ont été brisées et 750 000 enfants ont été directement touchés. Même victimes dans leur chair, les collègues de l’UNICEF ont répondu présent.

J’ai payé le prix fort lors du tremblement de terre qui a touché Haïti en janvier 2010. J’ai perdu une cousine que je considérais comme ma sœur, ma maison a été totalement détruite et de nombreux membres de ma famille, des amis et des camarades de promotion ont été tués ou blessés. Je ne savais pas vers qui me tourner puisque tout le monde se trouvait dans le même état de choc.

Lorsque le séisme s’est produit, j’ai tout de suite su que c’était un tremblement de terre car j’avais étudié au Japon. J’étais en voiture pour aller en province et j’ai rapidement fait demi-tour avec pour intention de me rendre à l’hôpital afin d’y offrir mon aide. Mais sur la route, au vu de la situation, j’ai rapidement compris que ce n’était pas possible. J’ai dû abandonner ma voiture et je suis rentré chez moi à pied. Puis je suis allé prendre des nouvelles de mes proches.

UNICEF/Léa ManuelLe Dr Enrsly Jackson, spécialiste de la vaccination au sein d’UNICEF Haïti.

Une fois les urgences familiales prises en charge, je suis allé appuyer, de façon bénévole, le Ministère de la santé publique pour protéger la population contre les épidémies. J’ai pu compléter mes études grâce à l’appui de l’Etat haïtien, c’était pour moi le bon moment d’offrir mon aide en retour. Mon domaine d’expertise étant la prévention des maladies évitables par la vaccination, j’ai coordonné une campagne de vaccination et j’ai développé des relations de travail très étroites avec des organisations internationales dont l’UNICEF.

J’ai fait par la suite le choix de rejoindre l’UNICEF plutôt que d’autres agences car l’organisation a une portée opérationnelle ; elle atteint directement le bénéficiaire.

Une fois à l’UNICEF, nous avons coordonné et appuyé des activités de vaccination et prévenu les décès de nombreux enfants. Un enfant touché par la diphtérie a 60 à 70 % de risques de mourir, il est donc primordial d’effectuer un travail de prévention.

L’UNICEF a joué un rôle important dans l’amélioration des chiffres de la vaccination à travers tout le pays. Avant le tremblement de terre, seuls 60 enfants sur 100 étaient vaccinés. Après le séisme, l’UNICEF a appuyé le gouvernement haïtien dans l’élaboration une stratégie de renforcement de la vaccination de routine plus connue sous son appellation anglaise : Reach Every Child. En 2011, Haïti a atteint pour la première fois un taux de vaccination contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche (DTP3) de 85 %. L’UNICEF a ciblé en priorité les communes du pays dont les taux de couverture vaccinale oscillaient entre 3 et 4 %, ce qui a permis d’augmenter le nombre d’enfants vaccinés. L’approche RED a eu un impact positif sur la vaccination en Haïti.

S’il y a une leçon à tirer de la période du tremblement de terre, c’est qu’une meilleure coordination entre les partenaires opérationnels est fondamentale.

Dr Ernsly Jackson est spécialiste de la vaccination à UNICEF Haïti.

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