Haïti, cinq ans après le séisme

Le 12 janvier 2015 –  Il y a 5 ans que le séisme a frappé Haïti. À présent, la situation des enfants s’est nettement améliorée. Les signes de progrès sont évidents. Cependant, il reste beaucoup à faire.

Aujourd’hui, nous pouvons observer l’impact du partenariat solide qui lie l’UNICEF, le gouvernement Haïtien et ses partenaires. Les sourires des enfants illustrent ce que nous avons accompli ensemble. Trois enfants sur quatre âgés de 6 à 11 ans vont désormais à l’école, contre seulement 50 pour cent en 2005-2006.

Les taux de mortalité infantile et celui des enfants de moins de 5 ans ont tous les deux diminués au cours des quinze dernières années. Le séisme de 2010 a ralenti cette tendance, mais ne l’a pas stoppée. En 2005, un enfant sur dix âgé de moins de 5 ans souffrait de malnutrition, aujourd’hui il s’agit d’un enfant sur vingt. À l’échelle nationale, deux ménages sur trois ont accès à de l’eau potable, un aspect clé pour prévenir les maladies.

Le système national de Protection de l’Enfant a été renforcé, pas à pas, avec la ratification par Haïti de deux protocoles additionnels à la Convention relative aux droits de l’enfant et à la Convention de la Haye sur l’adoption. Un Code pour la Protection de l’Enfant est prêt à être ratifié par le Parlement. Sept enfants sur dix ont maintenant un certificat de naissance, une identité.

Le pays est passé de la misère à l’espoir, de l’assistance à l’action. L’UNICEF continue de construire et d’améliorer les capacités des acteurs locaux. Familles, communautés, enseignants, docteurs, infirmiers, journalistes et artistes sont à l’origine du progrès que nous observons aujourd’hui. Nous avançons dans la bonne direction, mais nous devons en faire plus – parce que chaque enfant compte.

Cependant l’écart entre les riches et les pauvres se creuse. A Haïti, aujourd’hui un enfant sur cinq meurt, souvent d’une cause évitable. Plus d’un enfant sur dix âgé de 6 à 11 ans ne va pas à l’école. Dans les zones rurales, seul un ménage sur deux a accès à l’eau potable. Huit enfants sur dix âgés de 2 à 14 ans sont soumis à des abus physiques ou psychologiques. Un enfant sur deux âgé de 5 à 14 ans doit travailler pour vivre. Tous les jours, de nombreux enfants continuent à se réveiller dans l’un des 105 camps de personnes déplacées. L’épidémie de choléra, qui a causé plus de 8 000 morts depuis 2010 continue d’entrainer la souffrance et la mort.

Mais être né à Haïti ne signifie pas que le droit d’une fille ou d’un garçon à l’éducation, à la Vie, la protection et la participation est moins important qu’ailleurs. Bien au contraire. NOUS, en tant qu’individus et en tant que collectivités, devons redoubler d’efforts pour que les droits des enfants les plus vulnérables soient respectés. Le 20 novembre 2014, le monde a célébré le 25ème anniversaire de la Convention relative aux droits de l’enfant, confirmant une obligation partagée. Aujourd’hui nous avons l’opportunité de réaffirmer notre engagement auprès des enfants d’Haïti, pour s’assurer qu’ils puissent tous réaliser leurs droits et leur potentiel.

Aujourd’hui, nous avons l’occasion de faire le deuil de ce qui a été perdu, de nous réjouir de tout ce qui a été accompli et d’accélérer nos efforts pour accomplir ce qu’il reste à faire. A l’UNICEF nous continuerons d’avancer avec nos nombreux partenaires et le gouvernement Haïtien pour assurer que tous les enfants Haïtiens prospèrent.

Marc Vincent est représentant de l’UNICEF en Haiti.

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