Est-ce Ebola ou le paludisme ? La difficulté du diagnostic

Retrouvez ici toutes les dernières informations sur le travail de l’UNICEF pour protéger les enfants et leurs familles dans les pays touchés par l’épidémie d’Ebola.

La plus grande difficulté dans le contrôle de n’importe quelle épidémie est de séparer ceux qui sont infectés de ceux qui ne le sont pas. Cela brise le cycle de transmission.

Dans le cas d’Ebola, ceci est particulièrement difficile. Tout d’abord, les symptômes d’Ebola ne sont pas spécifiques. La fièvre, la faiblesse et les maux de tête peuvent provenir de n’importe quelle affection, qu’il s’agisse de grippe ou de paludisme. Mais une fois qu’une personne présente les symptômes, elle est contagieuse pour les autres. Par conséquent, placer, en attendant le diagnostic, un malade atteint de paludisme près d’un malade infecté par Ebola n’est pas la chose à faire et peut accélérer la transmission de la maladie.

La seconde difficulté est que des échantillons de sang sont généralement nécessaires pour établir le diagnostic. Le sang est hautement contagieux et prélever des échantillons de sang peut mettre en danger le personnel médical. Il y a eu beaucoup trop d’infections négligentes et de décès chez un personnel médical déjà peu nombreux.

Finalement, il n’est pas simple d’établir un diagnostic d’Ebola en laboratoire. La procédure de référence est appelée « amplification en chaîne par polymérase (ACP) », une technique permettant de détecter de petites quantités de particules virales. Ceci exige des appareils volumineux et coûteux, de l’eau potable et de l’électricité, une ventilation spéciale et du matériel de prévention contre les infections. En outre, le processus est lent. Un simple test peut prendre plusieurs heures pour être effectué. L’ACP est actuellement utilisée dans tous les pays touchés par Ebola.

Il existe actuellement en Sierra Leone quatre laboratoires ayant les capacités d’effectuer des tests par ACP. Tous reçoivent l’appui de gouvernements partenaires, notamment un « laboratoire mobile » envoyé par le Gouvernement chinois.

Malgré tous ces efforts, le pays est seulement capable d’effectuer au total 150 tests par jour, c’est-à-dire une petite partie de ce qui est nécessaire. Le transport d’échantillons vers ces laboratoires et la présentation des résultats prennent aussi du temps. Dans le meilleur des cas, plusieurs jours sont nécessaires entre le moment où on subit le test et celui où on reçoit les résultats. Ces jours représentent une éternité pour les malades infectés par Ebola. Bien que des efforts soient en cours pour  accroître cette capacité, cela pourrait être trop peu et trop tard.

Il y a cependant un peu d’espoir. Une série de nouveaux « tests rapides » – où un échantillon de sang provenant d’une piqûre sur un doigt permet d’obtenir un diagnostic en quelques minutes –   sont actuellement en cours de développement. Ils ressemblent à des tests de grossesse et ont été utilisés avec succès pour le diagnostic du VIH.

Plusieurs tests prometteurs sont en cours de développement. La réussite de tous ces efforts pourrait changer la donne. Il serait alors possible d’effectuer des tests au niveau des ménages et cela nous permettrait de séparer le paludisme et les autres causes de fièvre d’Ebola dès les premiers stades de la maladie.

En tant que communauté internationale, il est indispensable que nous utilisions toutes nos ressources scientifiques et financières pour pouvoir mener ce processus de l’avant.

Paul Pronyk est un médecin spécialiste des maladies infectieuses et de santé publique. Il a vécu et travaillé en en Afrique subsaharienne pendant quinze ans et s’y  est consacrée aux problèmes concernant le VIH/SIDA, lac tuberculose, la santé de la mère et de l’enfant et le développement des systèmes de santé. Il est actuellement Spécialiste principal de la santé au siège de l’UNICEF et a été détaché en Sierra Leone pour apporter son aide lors de l’intervention menée contre le virus Ebola.

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