Ebola au Nigéria – le récit d’un ex-malade

Retrouvez ici toutes les dernières informations sur le travail de l’UNICEF pour protéger les enfants et leurs familles dans les pays touchés par l’épidémie d’Ebola.

Quand Denis a été conduit dans le pavillon d’isolement après avoir perdu sa femme à cause d’Ebola et a développé les symptômes de la maladie, il n’a pas perdu espoir. Il n’a même pas perdu l’espoir quand il a été testé pour la maladie et s’est dans un premier temps révélé positif.

« Je ne perçois pas Ebola comme une condamnation à mort automatique, c’est un virus comme les autres. Bien qu’il soit mortel, il peut être vaincu avec un traitement d’appoint rapide », dit Denis, un homme d’affaire de Lagos. « Même quand les résultats du laboratoire se sont avérés positifs à deux reprises différentes, je n’ai toujours pas perdu espoir », dit-il.

Il affirme que l’appui qu’il a reçu d’un psychologue de l’UNICEF, Terry Howard, qui offre un soutien psychosocial aux patients victimes d’Ebola et à leur famille, lui a été d’une grande aide. « Il est important d’avoir quelqu’un qui donne cette confiance aux patients. »

Deux semaines plus tard, Denis avait des douleurs sévères aux articulations et était admis dans le pavillon d’isolement. « J’étais déjà préparé à cela, dit-il. Je me suis dit que je sortirais du pavillon d’isolement vivant. » Et il a eu raison. Un troisième test pour la maladie à virus Ebola a révélé qu’il était négatif.

Denis a bien sûr été soulagé mais il pleure aussi sa femme qui est morte d’Ebola au milieu du mois d’août. Son épouse, une infirmière, avait présenté les symptômes de la maladie quatorze jours après s’être occupée d’un patient qui a par la suite été identifié comme étant le premier cas d’Ebola au Nigéria. Au début, Denis s’était occupé d’elle à la maison, pensant qu’elle souffrait de nausées matinales car elle était enceinte de deux mois.

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Au centre d’isolement anti-Ebola de Lagos, le personnel médical s’équipe de combinaisons de protection avant de se rendre auprès des patients.(c) UNICEF Nigeria/2014/EJIOFOR Blessing

Lorsqu’elle a été emmenée dans le pavillon d’isolement, Denis avait revêtu la même combinaison de protection personnelle portée par les membres de l’équipe médicale pour être à ses côtés. « La troisième fois, cela a été pour m’apporter la confirmation qu’elle était vraiment morte, comme on me l’avait dit, et pour lui faire mes adieux. »

Pendant que sa femme était dans le pavillon, Denis a été répertorié comme « contact » et placé en observation. Plus tard, quand il a été emmené lui aussi dans le pavillon, il a scrupuleusement pris ses médicaments et poursuivi les exercices matinaux qu’il pratique régulièrement. « Je faisais toujours mes pompes pendant que j’étais là-bas. »

« Cet homme est un modèle à suivre», dit Sara Beysolow Nyanti qui dirige le bureau de l’UNICEF à Lagos et qui aussi Chef d’équipe pour la gestion et la coordination du Centre national  des opérations d’urgence de lutte contre Ebola. « Son cas montre que le traitement peut fonctionner s’il démarre au tout début. Il est aussi essentiel que quelqu’un qui a été en contact avec une personne infectée par le virus d’Ebola subisse non seulement un examen médical mais soit également suivi pendant 21 jours qui correspondent à la période d’incubation du virus. »

La bonne compréhension du virus par la population, de la façon dont il est transmis et comment on peut l’éviter est indispensable pour en arrêter la propagation. Alors que le nombre de personnes touchées au Nigéria – avec 18 cas en date du 4 septembre – est bien plus bas que dans les autres pays touchés, le Gouvernement et ses partenaires de développement ont absolument conscience du fait qu’ils ne peuvent pas se permettre de relâcher leur vigilance.

Denis en train d’examiner le certificat prouvant qu’il n’a plus Ebola.(c) UNICEF Nigeria/2014/EJIOFOR Blessing

L’UNICEF a appuyé le déploiement d’agents de mobilisation sociale chargés de faire du porte à porte pour expliquer comme Ebola est transmis et comment de simples mesures comme un bon lavage des mains peut permettre d’éviter de contracter la maladie. Des affiches et autocollants sont placés dans les bus, les taxis, les pharmacies, les hôtels, les lieux de culte, les centres commerciaux et autres établissements.

UReport, une plateforme interactive conçue par l’UNICEF, qui permet aux individus de s’exprimer sur différents problèmes grâce à des SMS, est également utilisée. Plus de 1,5 million de messages ont été envoyés pour mieux sensibiliser la population à Ebola, dissipant les bruits de remèdes miracles et autres rumeurs.

L’UNICEF épaule aussi le Gouvernement pour qu’il puisse faire appel aux médias, aux chefs religieux et traditionnels, aux responsables syndicaux, aux chefs de grandes entreprises et aux différents dirigeants locaux.

La campagne de sensibilisation a aussi pour objectif de lutter contre la stigmatisation envers ceux qui ont survécu à l’EVD et ceux sont en contact avec eux. Denis sait que sera une difficulté de taille. « Jusqu’à ce qu’on me donne un certificat prouvant que je n’avais plus Ebola, les gens ne répondaient même pas à mes saluts. »

Blessing Ejiofor est responsable de la communication au sein d’UNICEF Nigeria.

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