Ebola au Libéria – transmettre les messages de prévention aux communautés

Retrouvez ici toutes les dernières informations sur le travail de l’UNICEF pour protéger les enfants et leurs familles dans les pays touchés par l’épidémie d’Ebola.

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Équipés d’affiches et de livrets de sensibilisation et vêtus de bottes de caoutchouc épaisses à cause des pluies saisonnières abondantes, Anthony Vorkpor et son équipe se préparent à une nouvelle journée de sensibilisation sur le virus Ebola à New Kru Town, un quartier densément peuplé de de la capitale du Libéria, Monrovia.

En tant que travailleurs de première ligne dans la lutte contre le virus Ebola – lié à plus de 700 décès au Libéria depuis mars – ces « animateurs », comme on les appelle, jouent un rôle crucial dans la lutte contre la propagation de ce virus dans l’une des communautés les plus durement touchées.

L’UNICEF déploie actuellement plus de 100 animateurs et communicateurs qui vont de maison en maison dans les comtés de Lofa et de Montserrado au Libéria – les épicentres de l’épidémie d’Ebola. Ces équipes travaillent avec les communautés pour les informer, encourager la discussion, atténuer les peurs et clarifier les idées fausses sur le virus ainsi que les manières de s’en protéger.

Les animateurs sont formés pour poser des questions de compréhension aux membres de la communauté. S’ils ne répondent pas correctement aux questions, les animateurs répètent l’information, lentement et patiemment, jusqu’à ce qu’elle soit assimilée. Puisque les animateurs sont affectés à des communautés spécifiques pendant plusieurs mois d’affilée, ils peuvent retourner aux mêmes maisons, à maintes reprises.

Cela leur permet d’effectuer des vérifications auprès des familles afin de s’assurer qu’elles retiennent les messages et de voir si elles adoptent les  comportements et pratiques de protection et de prévention suggérées.

Les « animateurs » : l’animateur local pour les jeunes Lee Wlejleh (gauche) et le coordinateur sur le terrain des services de développement communautaire, Anthony Vorkpor (droite).
©UNICEF/ Liberia/2014/Carolyn Marie KindelanLes « animateurs » : l’animateur local pour les jeunes Lee Wlejleh (gauche) et le coordinateur sur le terrain des services de développement communautaire, Anthony Vorkpor (droite).

Depuis fin mai – le début de la seconde vague de l’épidémie – plus de 1 300 cas présumés, probables et confirmés ont été signalés dans 12 des 15 comtés du pays. Conscient de l’impact dévastateur que le virus Ebola pourrait avoir sur les enfants et plus largement sur la population libérienne, l’UNICEF travaille en étroite collaboration avec le Ministère de la santé et de la protection sociale pour arrêter sa propagation.

En plus d’apporter des fournitures essentielles et une expertise technique, il était urgent de dissiper les rumeurs et les idées fausses au sujet d’Ebola. Pour mettre en place la sensibilisation intensive à l’échelle communautaire nécessaire à cet effet, nous avions besoin d’aide. Nous nous sommes donc tournés vers nos partenaires et les avons mandatés pour aller dans les communautés libériennes afin de réaliser des campagnes d’information et de sensibilisation en porte-à-porte. Anthony et son équipe appartiennent à l’un de ces organismes, appelés services de développement communautaire.

« Avant l’épidémie d’Ebola, on ne savait pas que ça existait », affirme Lee Wlejleh, un animateur pour les jeunes de 19 ans de New Kru Town. « Le Ministère de la santé a rencontré nos jeunes pour sensibiliser la jeunesse. Certains le croyaient, d’autres disaient que non, il n’y avait pas d’Ebola. Puis les animateurs des services de développement communautaire sont venus en renfort. »

Posters and flipbooks help the animators bring the prevention message to communities.
Posters and flipbooks help the animators bring the prevention message to communities.

Avec l’appui des services de développement communautaire, Lee et ses camarades animateurs ont pu convaincre beaucoup de leurs pairs qu’Ebola était une réalité. D’après Anthony, l’efficacité des services de développement communautaire est notamment liée aux affiches et livrets – développés par l’UNICEF – qu’utilisent les animateurs.

Ces livrets expliquent les symptômes et modes de transmission du virus, et ce que les individus et familles peuvent faire pour s’en protéger, à l’aide d’images et dans un anglais libérien simple.

Dans le cadre de leurs activités de sensibilisation, les animateurs s’assoient avec les membres de la communauté et parcourent les livrets, page par page,  en partageant les informations pour la survie qu’ils contiennent. Parfois, ce processus peut prendre une heure ou plus, puisque les animateurs doivent souvent répondre aux nombreux commentaires et questions des membres de la communauté.

Ce dialogue approfondi fait une réelle différence au sein des communautés où travaillent les animateurs. Victoria Wesseh, une résidente de New Kru Town de longue date, explique que lorsqu’elle a entendu parler du virus Ebola pour la première fois aux informations et par d’autres sources, elle a eu peur et a même douté de l’existence du virus. En venant chez elle à plus de trois reprises, le service de développement communautaire est parvenu à écarter ses soupçons. D’après elle, c’est la persistance du groupe et ses conseils d’actions concrètes pour prévenir Ebola qui ont permis leur réussite.

« Ces personnes nous ont donné des indications sur la manière de prévenir le virus Ebola, explique-t-elle. Ils nous ont dit comment nous protéger. Ils nous ont dit de ne pas avoir peur et nous ont encouragés à aller au centre de consultation. Ils ont balayé les doutes de mon esprit. »

Les histoires comme celles de Victoria montrent que, lorsqu’elles sont correctement réalisées, les stratégies de communication interpersonnelle – et les courageux partenaires qui les mettent en œuvre – peuvent être utiles dans la lutte contre le virus Ebola. Mais avec le nombre croissant de cas chaque jour, il est clair que davantage de sensibilisation par ces groupes est nécessaire de toute urgence.

Un résident de New Kru Town – Abraham Roberts – fait l’éloge du livret sur Ebola utilisé par les animateurs dans le cadre de leurs activités locales de sensibilisation.
© UNICEF/ Liberia/2014/Carolyn Marie KindelanUn résident de New Kru Town – Abraham Roberts – fait l’éloge du livret sur Ebola utilisé par les animateurs dans le cadre de leurs activités locales de sensibilisation.

 

Dans cette optique, l’UNICEF, le Ministère de la santé et d’autres partenaires s’efforcent de renforcer et de coordonner un vaste réseau de travailleurs de proximité, gouvernementaux et non gouvernementaux, capables d’intervenir au Libéria pour diffuser des messages pour la survie même aux villages les plus isolés et résistants.

En collaboration avec le Ministère, l’UNICEF prévoit de former jusqu’à 1 250 agents sanitaires bénévoles communautaires gouvernementaux dans six comtés pour réaliser ce travail. Les soins médicaux pour les patients Ebola étant encore limités, la sensibilisation nationale sur le virus par ces volontaires peut être la solution pour mettre fin à cette épidémie.

Carolyn Marie Kindelan est responsable de la communication pour l’UNICEF au Libéria.

Pour les dernières informations sur le travail de l’UNICEF pour la prévention du virus Ebola, suivez UNICEF Libéria sur Facebook et Twitter.

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