Ebola : aide aux malvoyants pour assurer leur sécurité

En Sierra Leone, les équipes de mobilisation sociale ont fait passer le message sur la façon de mieux se protéger contre le virus Ebola. Un grand panneau d’affichage subventionné par l’UNICEF et l’Association de football de Sierra Leone contient des informations typiques : promotion du lavage des mains et ligne d’appel d’urgence contre Ebola, le 117. Ailleurs, souvent, ce sont des affiches illustrées qui expliquent les symptômes et montrent ce qu’il faut faire.

Ces messages sont évidents pour tous. Mais ils ne sont pas accessibles à tout le monde, particulièrement aux quelque 40 000 malvoyants du pays.

L’UNICEF et le Gouvernement de la Sierra Leone s’occupent en commun du dispositif de mobilisation sociale qui comprend un sous-groupe pour les personnes handicapées afin qu’elles ne soient pas oubliées dans la diffusion des messages d’information. Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a même permis la réalisation en braille de messages sur Ebola.

Basiru Bah, 17 ans, est malvoyant et explique une partie des difficultés qu’il rencontre lorsqu’il cherche à faire passer les bonnes informations auprès de ses amis. « Quand je vais dans n’importe quel ministère pour faire mon travail de mobilisation, s’il n’y a personne debout près de l’endroit où se trouve le seau contenant de l’eau chlorée, je ne peux pas avoir recours à cette mesure préventive. »

La formule souvent entendue « Ne touchez pas ! » pose aussi problème. « Je dois toucher l’épaule des personnes qui me guident. Faire passer auprès des membres de notre famille les bons messages sur la prévention pourrait être une solution. Dans les associations pour malvoyants, nous proposons d’utiliser des manches longues [pour diminuer le contact] », dit-il.

Comme tous ses compatriotes de Sierra Leone, la vie de Basiru a été profondément affectée par l’épidémie d’Ebola. « Je suis un défenseur des droits des enfants, aussi bien voyants que malvoyants. À cause d’Ebola, j’ai décidé de quitter la maison familiale et de m’installer à l’École pour aveugles de Freetown », dit-il. À présent, il est plus près du Ministère de la protection sociale, de la condition de la femme et de l’enfance et du Ministère de l’éducation, des sciences et de la technologique où il pense qu’il a un rôle à jouer.

« Mes plans de mobilisation ont été perturbés par l’épidémie », dit-il. Aujourd’hui, quand il se rend dans n’importe quelle organisme pour défendre les droits de l’enfant, la réponse est toujours la même : Ebola est la priorité.

De plus, ses études sont touchées par l’incertitude : « Je me préparais pour mes examens du Conseil des examens de l’Afrique occidentale quand l’épidémie a débuté et l’examen a été suspendu dans tout le pays à cause d’Ebola. » Selon l’UNICEF, plus de 100 000 enfants de la Sierra Leone ont été touchés par le report des dates d’examen.

« Avant, je menais une vie sociale très active, dit Basiru. Aujourd’hui, je ne demande même plus à mes amis de pouvoir aller leur rendre visite. » Même la prière religieuse a changé : « Je suis musulman », dit-il, « et dans la prédication islamique, nous nous serrons la main lorsque nous avons fini et cela, nous ne le faisons plus. »

Yolanda Romero est un consultante travaillant UNICEF Sierra Leone.

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