Dix ans après le tsunami – les avantages d’une reconstruction améliorée

Imaginez cette situation : c’est un dimanche de la fin décembre. Vous êtes réveillé tôt ce matin-là par un fort tremblement de terre et vous sentez que quelque chose de terrible va se passer. Vous vous trouvez bientôt en train de fuir les torrents d’eau d’un tsunami qui balaie presque tout sur son passage. Vous atteignez le sommet d’une colline avec d’autres gens dont certains ont été blessés au cours de la ruée pour échapper aux eaux déchaînées.

Jetant un regard en arrière vers la ville de Banda Aceh en bas de la colline, vous apercevez un spectacle de désolation. Arbres, maisons et rues ont été emportés par les eaux. Des débris s’empilent partout – morceaux de tôle ondulée, gravats, branches d’arbre… et des corps humains. Vous avez tout perdu et vous n’avez aucune idée si les membres de votre famille ont survécu ou comment. Toutes les infrastructures ont disparu. La pensée vous assaille soudain – j’ai survécu, mais qu’est-ce que je vais boire, manger ? Où est-ce que je vais trouver où dormir ?

Le tsunami de l’Océan indien qui a frappé Banda Aceh il y a dix ans, le 26 décembre 2004, a fait un nombre de victimes qu’on estime à 170 000 dans cette extrémité nord de l’île indonésienne de Sumatra. Il a aussi laissé des dizaines de milliers d’autres habitants sans abri et sans vêtements et sans rien pour se nourrir.

L’école primaire Muhammadiyah de Banda Aceh a terriblement souffert ce jour-là – les bâtiments scolaires de l’époque ont été détruits par le tsunami et seulement 17 des 300 élèves ont survécu à la catastrophe. Ces bâtiments étaient des structures semi-permanentes faites de béton et de bois qui laissaient souvent pénétrer la pluie. Les pupitres et les chaises avaient été faits d’un mince contreplaqué.

L’UNICEF a pris l’engagement de « reconstruire en mieux » pour garantir que la nouvelle école primaire Muhammadiyah soit à même d’éventuellement résister à de futures catastrophes naturelles.

Après le tsunami, les ingénieurs ont conçu de nouveaux bâtiments scolaires résistants aux séismes grâce à des fondations plus profondes et des structures de soutien plus robustes. Les pupitres des élèves ont maintenant un plateau de bois très épais boulonné à des pieds en métal.

« Nous nous sentons très rassurés à présent que nous savons que les enfants sont plus en sécurité, » déclare Ibu Zahariah, la Directrice de l’école.

L’école primaire Muhammadiyah est devenue le modèle des plus de 300 écoles que l’UNICEF a reconstruites dans la province d’Aceh après le tsunami.

Les élèves répètent également régulièrement leur exercice de protection antisismique. Quand l’alarme est donnée, ils s’accroupissent pour s’abriter sous leurs pupitres et à bonne distance du danger représenté par les vitres des fenêtres. Ils savent que quand les secousses prennent fin, ils doivent sortir des bâtiments.

Au cours de l’exercice, ils sortent en masse de leurs classes pour se rendre dans la cour centrale de l’école où ils se mettent en rang afin que leurs enseignants puissent les compter. Ils ont également acquis des notions élémentaires de secourisme et savent où trouver des civières pour aider leurs camarades qui pourraient avoir été blesses.

Students protect themselves head with a bag overhead during an earthquake drill at Muhammadiyah 1 Primary school in Banda Aceh. © UNICEF Indonesia/2014/Achmadi
Des élèves de l’école primaire Muhammadiyah de Banda Aceh s’abritent à l’aide de leurs cartables au cours d’un exercice de simulation de protection antisismique. © UNICEF Indonesia/2014/Achmadi

Nasywa Zulkarmain, une jeune championne de maths de 11 ans, sait énormément de choses sur le tsunami que lui ont raconté ses parents et ses frères et sœurs. Sa famille a survécu en sautant dans leur voiture et en se dirigeant vers des endroits plus élevés.

« J’ai peur des tremblements de terre, » raconte la jeune écolière qui avait juste un an quand le tsunami a frappé. « Mais je sais aussi ce qu’il faut faire, » ajoute-t-elle.

Ibu Zahariah, la Directrice de l’école, a subi un coup terrible en 2004 quand un tel nombre des ses élèves sont morts dans le tsunami. Elle sait aujourd’hui que des enfants comme Nasywa auraient une bien meilleure chance de survivre si un autre tsunami frappait Banda Aceh.

« Je ne pense pas que les enfants paniqueraient, dit-elle. C’est un soulagement de savoir qu’ils sont préparés et qu’ils seraient capables de se protéger. »

L’UNICEF a travaillé d’arrache-pied, non pas simplement pour reconstruire les infrastructures scolaires, mais pour les reconstruire en mieux. Dix ans plus tard, les travaux que l’UNICEF a entrepris dans le cadre de notre intervention humanitaire pour venir en aide aux victimes du tsunami continuent à profiter à la communauté locale.

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