Défendre les droits des enfants au Burundi

En avril 2016, à mon arrivée au Burundi à titre de Chargé de la communication auprès de l’UNICEF, j’ai reçu un mandat très clair : défendre les droits des enfants du Burundi en racontant leur histoire grâce aux médias numériques.

Dès l’instant où j’ai posé le pied sur le sol de ce pays, à l’aéroport international de Bujumbura, j’ai constaté que la situation était très instable. En effet, ce sont des policiers et des militaires lourdement armés qui m’y ont accueilli.

Sept jours après mon arrivée, des coups de feu ont retenti le matin, dans la rue non loin de chez moi. Plutôt inquiétant. J’ai très bien compris dans quel contexte difficile vivent les enfants, les femmes et l’ensemble de la population du Burundi. Les problèmes sont nombreux : violence, malnutrition, maladie, absence de perspectives, notamment.

Depuis le début de la crise politique au Burundi, en avril 2015, le climat de violence politique pénalise de plus en plus les enfants. Leurs droits sont régulièrement bafoués, comme l’indiquent des rapports faisant état de blessures, décès et détentions. Plus de 108 000 personnes ont quitté leur foyer et plus de 300 000 (dont 54,6 % d’enfants) ont dû fuir le pays pour se mettre à l’abri du danger.

Two small children, one sitting on a woman's lap, the other standing, holding a packet of biscuits
© UNICEF Burundi/2016/J.HaroEn 2015, 77 000 personnes, dont 9 100 enfants, vivaient avec le VIH. Malgré tous les efforts pour lutter contre ce virus, la prévalence du VIH parmi les adultes au Burundi se maintient à 1,3 %.

C’est dans ces circonstances que j’ai rencontré quelqu’un que je ne suis pas près d’oublier. Il s’appelle Aimable. Âgé de 11 ans, il a vécu dans la rue, à Bujumbura, pendant sept ans. Il a vu des choses auxquelles ne devrait être exposé aucun enfant. Pendant notre entretien, il nous a parlé des difficultés que son frère et lui ont rencontrées lorsqu’ils vivaient dans la rue. Un jour, il a même vu un cadavre. Mais heureusement, et grâce au soutien de l’UNICEF et de ses partenaires, il a désormais réintégré sa famille et fréquente l’école.

Cette histoire, il fallait la raconter. C’est pourquoi nous l’avons filmée. Partout sur la planète, on parle des enfants du Burundi. J’ai reçu des messages de collègues qui aimeraient aider les enfants burundais, comme Aimable, et qui s’inquiètent de leur sort. Comment font-ils pour survivre dans un pays où il était déjà difficile d’être un enfant, même avant la crise politique ?

Pendant un autre voyage à l’intérieur du pays, j’ai visité une clinique pour y recueillir des témoignages et des photos de mères et d’enfants séropositifs, car l’un des objectifs de l’UNICEF au Burundi est de mettre fin à la transmission du VIH de la mère à l’enfant.

Journaliste de formation, j’ai appris à bien préparer mes interviews. Mais cette fois-ci, devant des sujets si sensibles et si personnels, j’ai dû reformuler mes questions. Ces mères et ces enfants m’ont donné une leçon de courage et de résilience, et je me suis senti tout petit et bien ignorant. Ce jour-là, j’ai compris ce que signifiait faire face avec détermination aux difficultés et à l’avenir.

Un enfant étendu sur un lit d’hôpital, on aperçoit un tube. Un homme et une femme l’observent à travers une fenêtre.
© UNICEF Burundi/2016/J.HaroChaque année, 3,1 millions d’enfants meurent de malnutrition avant d’avoir atteint l’âge de cinq ans. Le taux de malnutrition au Burundi est l’un des plus élevés de la planète.

Face à cette situation incertaine, l’UNICEF a renforcé son action humanitaire pour répondre aux besoins grandissants des enfants du Burundi. Parmi nos grandes priorités : exiger la fin des violations des droits de l’enfant, garantir un environnement sûr pour que chaque enfant puisse apprendre, et prodiguer des services ininterrompus de santé et de nutrition dans un contexte où les familles s’appauvrissent et ont du mal à nourrir leurs enfants. Au bureau de l’UNICEF au Burundi, il est enthousiasmant de voir comment le personnel international et national collabore pour s’assurer que l’organisation continue à promouvoir les droits et le bien-être de tous les enfants.

Des histoires pour améliorer la vie des enfants

Saviez-vous que huit Burundais sur dix vivent avec moins de 1,25 dollar américain par jour ? Et que le Burundi figure au rang des nations où la faim sévit le plus durement ? En effet, trois enfants sur cinq y souffrent de retards de croissance. Au Burundi, un pays qui passe souvent inaperçu, notre travail consiste en grande partie à faire connaître cette situation, tout simplement.

Raconter des histoires au moyen de médias multiples et numériques, voilà une méthode qui a fait ses preuves pour sensibiliser le monde. Mon rôle consiste à raconter ces histoires et à les illustrer par des photos. Je recueille des témoignages de ce qui se passe ici chaque jour pour éveiller l’intérêt du public et susciter des appuis pour les enfants vulnérables du Burundi. Mon but ultime ? Améliorer leur vie en me consacrant à la défense de leurs droits.

Sourire aux lèvres, un homme et une femme prennent la pose, debout devant l’appareil photo. L’homme est plus grand, donc il se penche un peu
© UNICEF Burundi/2016/Y.NijimbereLydia Kwizera, qu’on voit ici avec l’auteur, est l’un des membres les plus actifs et impressionnants du programme Journalistes en herbe, qui forme de jeunes Burundais au métier de reporter pour promouvoir les droits de l’enfant et ouvrir des espaces et plateformes de dialogue qui leur permettent de s’exprimer.

Après un peu plus de huit mois dans ce pays, je me sens déjà très attaché aux familles qui y vivent, et encore plus aux enfants. Au Burundi, ils représentent non seulement plus de la moitié de la population, mais ils sont aussi la clé du retour de la paix et de l’avenir du pays. C’est de cette paix et de cet avenir que je veux être témoin.

Juan Haro est Chargé de la communication auprès de l’UNICEF Burundi.

Pour en savoir plus sur l’UNICEF Burundi, rendez-vous sur www.facebook.com/UNICEFBurundi

Réagir à cet article

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont annotés « obligatoire. »