De l’eau pour que les filles restent à l’école

Il est urgent d’en parler et de faire passer ce message : nous devons garantir à tous les enfants, et en particulier aux filles, un accès de qualité à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène. C’est pour garder cela à l’esprit que lors de l’édition 2017 de la Semaine mondiale de l’eau, qui s’est tenue du 27 août au 1er septembre à Stockholm, en Suède, un code rouge a été tatoué sur le bras de chaque participant.

Au cours de cet événement, l’UNICEF a reçu des hommes et des femmes politiques, des membres de la société civile et des bailleurs de fonds privés et publics pour un petit-déjeuner dans le Dôme Visions, une structure imposante construite entièrement avec des matériaux recyclables. Le but de cette rencontre ? Échanger sur l’urgence d’investir dans des espaces où les filles peuvent prendre soin de leur hygiène en toute sécurité et sérénité et éviter la déscolarisation.

En effet, dans de nombreux pays où l’UNICEF est présent, les jeunes filles arrêtent d’aller à l’école lors de leur premier cycle menstruel parce qu’elles n’ont pas accès à des espaces adéquats pour s’occuper de leur hygiène. Elles ne disposent pas d’antidouleurs et elles fuient leurs camarades moqueurs.

Il était frappant de voir autant des personnes d’horizons divers se retrouver aussi tôt le matin pour discuter d’un sujet qui ne semble à priori pas prioritaire lorsqu’on parle d’accès à l’eau potable. On sous- estime encore l’impact positif d’un investissement dans ce domaine sur la vie des enfants.

J’ai également été impressionnée par les présentations des délégations de la Sierra Leone, de l’Inde et de l’Éthiopie sur les mesures nationales prises pour garantir aux filles un meilleur accès à l’hygiène. J’étais aussi fière de voir beaucoup d’hommes prendre la parole pour signaler l’importance du financement de programmes de sensibilisation des garçons à ce sujet !

Ce n’est pas la seule question qui ait été abordée pendant cette Semaine. Nous avons assisté à une mobilisation exceptionnelle d’acteurs très divers et à la tenue de discussions qui portaient notamment sur le lien entre la malnutrition et l’accès à l’eau potable, sur le manque d’eau et sur l’accès à l’eau dans les zones de conflit.

L’enjeu ne se résume pas à investir dans l’accès à l’eau, mais vise aussi à s’assurer que cette eau soit potable et de qualité. Cette rencontre à Stockholm nous a permis de faire le point sur ce qui a été fait mais aussi sur ce qu’il reste à accomplir.

Historique :

Depuis 1991, la Semaine mondiale de l’eau est un rendez-vous annuel pour tous les acteurs qui travaillent sur les questions liées à l’eau et à son utilisation. Depuis 2015, c’est aussi un espace de dialogue visant à mobiliser les gouvernements, les acteurs privés et la société civile autour de la mise en œuvre des Objectifs de développement durable (ODD). L’un de ces objectifs désigne l’accès et la gestion de l’eau potable comme une priorité pour les 15 ans à venir.

L’accès à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène pour les garçons et les filles reste une priorité pour l’UNICEF qui appelle ses partenaires à faire de même et à travailler en synergie, car plus de 180 millions de personnes manquent d’eau potable. Une attention toute particulière sera donnée à l’assainissement, à l’hygiène pour les filles et à l’accès à l’eau dans des zones de conflit, car c’est là où les besoins des enfants sont les plus importants et souvent les plus négligés.

Luisa Fenu est chargée de plaidoyer international à l’UNICEF France

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