Dans les coulisses du centre logistique de l’UNICEF

Comment être capable d’offrir aux enfants en 72 heures une réponse adaptée en cas d’urgence ? Comment fournir des vaccins à plus de la moitié des enfants du monde ? Ou bien, des médicaments antiviraux à 54 pays ?

Ces questions et bien d’autres ont été abordées lors de la visite de la Division des approvisionnements de l’UNICEF à Copenhague, au Danemark. Découvrez avec nous le fonctionnement logistique de l’UNICEF.

 

En septembre dernier, j’ai eu l’opportunité d’accompagner un groupe de notaires, vecteurs stratégiques de donations pour UNICEF France, à Copenhague, au Danemark, pour une visite de la Division des approvisionnements de l’UNICEF. La Division est chargée de superviser les opérations logistiques de l’UNICEF dans le monde. Le but de cette visite était de faire découvrir à ces professionnels du droit, comment l’UNICEF répond en temps et en heure aux urgences humanitaires et aux problématiques de santé, de protection et de développement des enfants, partout dans le monde.

Le réveil a sonné à 4h00 du matin, pour un rendez-vous à 5h45 à l’aéroport international Charles de Gaulle de Paris. A notre arrivée, nous avons été chaleureusement accueillis par le personnel local. Après un discours explicatif des missions et actions de l’UNICEF – et un petit déjeuner bien mérité – nous avons démarré une visite de 9 heures au programme très dense.

Par moments, je me sentais perdue dans l’immensité de ce centre, qui, sur une superficie équivalente à trois terrains de football – 23 300 m2 – héberge 5 % de l’ensemble des fournitures de l’UNICEF. Beaucoup de questions traversaient mon esprit au fur et à mesure que la visite avançait : comment sont stockés les vaccins ? Peut-on acheter un kit de développement de la petite enfance pour nos enfants ? Est-ce que l’UNICEF est la seule organisation à utiliser et gérer ce centre ?

Il est surprenant de découvrir que le choix de chaque fourniture est étudié. Même les couleurs de certains outils didactiques sont choisies pour servir au plus grand nombre d’enfants : il est préférable d’utiliser la couleur jaune plutôt que le blanc pour les enfants ayant des difficultés de vision. Citons en exemple l’achat des moustiquaires. En effet, l’UNICEF fournit des moustiquaires de trois couleurs différentes : blanc, bleu et vert, car dans certains pays il existe des superstitions liées à la couleur.

Un autre exemple marquant est la conception de ballons de football très résistants pour permettre aux enfants de jouer même sur des terrains très accidentés.

presentation-reponse-humanitaire-unicef

J’ignorais plusieurs aspects du fonctionnement logistique de mon organisation, aspects qui m’ont remplie de fierté. Par exemple, l’UNICEF cherche à acheter des vaccins en négociant au maximum les prix, de manière à faire des économies d’échelle et optimiser l’utilisation des fonds provenant de nos donateurs. Toutefois, pour l’UNICEF, il est aussi nécessaire et prioritaire d’acheter ces vaccins à des pays en voie de développement afin de soutenir leur économie, tout en respectant des normes de qualité très strictes. « Nous pouvons décider de payer un vaccin un peu plus cher, s’il s’agit d’un nouveau laboratoire que nous souhaitons aider à se développer. » nous a expliqué Joan Howe, spécialiste en communication de la Division des approvisionnements.

J’ai été particulièrement impressionnée par la passion et le professionnalisme dont font preuve les membres de la Division des approvisionnements. J’ai découvert une organisation qui se soucie de faire des économies afin de répondre aux besoins des enfants les plus vulnérables. Cette expérience a changé ma façon de vivre mon métier. J’ai réalisé que ce que je fais au quotidien a un effet concret sur la vie des enfants.

Ce que j’ai surtout retenu de cette visite, c’est la passion avec laquelle Joan a expliqué toute la recherche et développement qu’il y a derrière l’école en boîte – un kit contenant des fournitures et du matériel destinés à un enseignant et 40 élèves. Ce qui m’a particulièrement marquée, c’est qu’il a été modifié au fil du temps en fonction des besoins des enfants. En effet, je n’avais pas pensé que c’est tout à fait différent quand on a son propre cahier, ses propres crayons, cela donne une identité.

Joan a conclu son explication en partageant une anecdote vécue sur le  terrain : « L’école en boîte est emballée dans une boîte qui ressemble à une caisse de munitions. Un jour, nous avons été arrêtés par un groupe d’enfants armés qui nous ont demandé d’ouvrir ces boîtes. Ayant été formés à prendre au sérieux les enfants soldats, nous avons obéi. Quand ils ont vu les livres, les cahiers, les couleurs et les jeux à l’intérieur des boîtes, ils ont laissé tomber leurs armes. C’était des enfants avant tout…»

Comme le disait justement le Prix Nobel de la Paix, Malala Yousafzai : « Un enfant, un enseignant, un livre et un stylo peuvent changer le monde ».


Carolina Pulido Ariza est chargée promotion marketing et de transmissions de patrimoine à UNICEF

 

 

Réagir à cet article

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont annotés « obligatoire. »