Comment les données peuvent-elles transformer la vie des enfants ?

Dans l’éducation, l’utilisation des données peut faire toute la différence. L’initiative Data Must Speak (Les données doivent parler) de l’UNICEF vise à optimiser l’utilisation des données scolaires existantes dans l’élaboration des politiques, l’information des citoyens et la responsabilisation des communautés.

Pour des millions d’enfants et d’adolescents dans le monde, l’éducation est la clé d’une vie meilleure où ils souffrent moins de la pauvreté, où ils jouissent d’une meilleure santé et où ils sont plus à même de contrôler leur avenir.

En dépit des avantages de plus en plus évidents de l’éducation, 263 millions d’enfants et d’adolescents en âge d’aller à l’école ne sont toujours pas scolarisés dans le monde. Les enfants provenant de foyers pauvres, souffrant d’un handicap, appartenant à une minorité ethnique ou linguistique ou vivant dans des zones reculées ou touchées par des conflits sont les principaux exclus du système éducatif. En outre, nous vivons une crise de l’apprentissage : 387 millions d’enfants en âge d’aller à l’école primaire ne maîtrisent pas les fondamentaux de la lecture et du calcul. Pour pouvoir atteindre ces enfants, les aider et leur fournir les clés de leur émancipation, il est important de les identifier, de les localiser et de décrypter leurs difficultés. C’est là que les données entrent en jeu.

A graphic featuring an animated poster titled 'School results' with a speech bubble saying 'Data Must Speak' directed at three adults and a child. Logos featured at the bottom are of: UNICEF, Global Partnership for education, hewlett Foundation, UNESCO, International Institute fro Educational Planning and Pole de Dakar.

L’utilisation efficace des données : un enjeu essentiel

Dans le monde entier, les systèmes éducatifs collectent déjà de grandes quantités de données auprès des écoles. Ces dernières années, l’accessibilité et la qualité des données ont progressé. Cependant, trop souvent, ces informations servent uniquement à alimenter des rapports-fleuves remplis de tableaux ultra-détaillés, rien de plus.

Bien exploitées, les données peuvent constituer un outil puissant pour instaurer des systèmes éducatifs plus robustes et plus équitables. Elles éclairent les choix des décideurs pour une allocation plus juste des ressources. La mise à disposition d’informations claires permet aux communautés d’agir et d’amorcer le changement dans les écoles. Le suivi par les communautés est l’une des pratiques les plus économiques pour améliorer tant l’accès à l’école que les résultats de l’apprentissage.

Faire parler les données en sommeil

L’initiative Data Must Speak (DMS) illustre la manière dont l’UNICEF et ses partenaires utilisent les statistiques existantes pour transformer la vie des enfants. Lancée en 2014 et cofondée par le Partenariat mondial pour l’éducation, la fondation Hewlett et le Fonds thématique pour l’apprentissage (principalement financé par la Norvège), l’initiative DMS a pour finalité d’instaurer davantage d’équité dans l’accès à l’éducation et d’améliorer les résultats de l’apprentissage, en mettant à disposition les données sur l’éducation qui existent déjà et en en maximisant l’utilité.

Pour parvenir à son objectif, l’initiative DMS apporte une assistance technique directe à travers une série d’outils adaptables au contexte du pays. Ces outils visent à garantir que :

  • Les données influencent la prise de décision politique : les responsables gouvernementaux de l’éducation, au niveau national et régional, doivent analyser, comparer et exploiter les données pour répartir les ressources et gérer le système éducatif de manière équitable.
  • Les communautés sont responsabilisées : les communautés, les parents et les élèves sont tenus informés des ressources dont dispose leur école et de ses performances par rapport à d’autres écoles. Ainsi, ils peuvent faire pression sur le directeur de l’établissement pour améliorer ces éléments.
  • La recherche améliore les connaissances de ce qui fonctionne : des évaluations rigoureuses sont menées pour mettre en évidence ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas lorsque l’on fait parler les données.

    Une carte du monde
    © mapchart.netPays dans lesquels des actions « Data Must Speak » sont déjà mises en œuvre (en bleu) et pays dans lesquels ces actions seront bientôt déployées (hachures).

Les données en action

Actuellement mise en œuvre à Madagascar, en Namibie, au Népal, aux Philippines, au Togo et en Zambie, l’initiative DMS sera bientôt élargie au Niger et au Tchad.

Népal et Philippines

Au Népal, l’initiative DMS a soutenu l’élaboration d’un indice d’équité, qui fournit des informations de meilleure qualité aux districts dont les écoles sont en retard. Cet indice est utilisé pour distribuer les ressources en priorité à ces districts et ainsi réduire les inégalités d’accès à l’éducation et à l’apprentissage dans le pays. Aux Philippines, l’initiative DMS et le gouvernement ont mis au point un système de prime versée aux enseignants dans les zones les plus difficiles. Cette réforme permettra de nommer des enseignants expérimentés dans les écoles les plus défavorisées.

Madagascar, Togo et Zambie

Dans ces trois pays, l’initiative DMS encourage l’action des bureaux d’éducation locaux et des communautés au niveau des établissements scolaires en soutenant la conception, l’élaboration et la production de cartes de profil pour les districts et les écoles. Elle forme les principaux acteurs concernés (directeurs d’école, inspecteurs, enseignants et parents) à l’utilisation de ces cartes pour mettre en place des plans d’amélioration des écoles. En Zambie, plus de 8 900 écoles disposent désormais d’informations sur l’utilisation de leurs ressources et sur leur niveau de performance par rapport aux autres établissements scolaires. À Madagascar, 25 000 écoles primaires ont été formées à l’utilisation de ces cartes de profil scolaires. Ainsi, la communauté peut échanger avec le directeur d’établissement afin d’élaborer des plans d’amélioration, pour de meilleurs résultats d’apprentissage.

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Des enseignants sur les bancs d'école dans une classe.
© UNICEF/Madagascar/2018/RalaivaoFormation aux profils scolaires pour les directeurs d’établissement du district de Vavatenina, à Madagascar

Nous avons désormais l’incroyable chance de pouvoir utiliser les données de manière plus performante et de nous assurer que tous les enfants bénéficient d’une éducation de qualité. J’espère que ces éléments et la poursuite de nos efforts donneront envie à d’autres partenaires de nous rejoindre dans la lutte pour l’amélioration du système éducatif.

En savoir plus sur l’initiative Data Must Speak (Les données doivent parler)

 

Ted Chaiban est directeur de la Division des Programmes de l’UNICEF.

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