Cinq actions pour mettre fin à la violence envers les filles

Si l’on vous dit « violence envers les filles », à quoi pensez-vous ?

Peut-être aux lycéennes enlevées récemment au Nigéria par des membres de Boko Haram, qui seront probablement mariées de force à leurs ravisseurs, comme les précédentes victimes.

Ou bien aux 120 millions de filles qui ont subi des violences sexuelles partout dans le monde.

Ou encore au harcèlement et aux commentaires désobligeants que vous ou votre sœur avez subis en vous rendant à l’école ?

Sur le chemin de l’école, dans les salles de classe, chez elles, dans les camps de réfugiés ou encore sur les aires de jeux, les filles sont confrontées au harcèlement et à la violence. Dans le monde, plus de huit filles sur dix subissent du harcèlement de rue avant l’âge de 17 ans. Aux États-Unis, plus d’une fille sur dix est la cible de commentaires de nature sexuelle avant l’âge de 11 ans. Les filles souffrant d’un handicap mental sont particulièrement exposées : en Australie, jusqu’à 68 % d’entre elles ont été victimes d’agression sexuelle.

 

A young girl looks out a curtained window
UNICEF/UNI195858/ImperatoMagu, ici chez elle, regarde au dehors. Elle vit dans un village de 5000 habitants dans le nord de l’Espagne avec sa mère et son jeune frère. Magu a subi des sévices physiques et sexuels de la part de son père. Elle a souffert en silence pendant longtemps mais a commencé à raconter ce qu’elle a vécu il y a deux ans, quand son professeur s’est aperçu que quelque chose n’allait pas. Depuis elle est soutenue par son école et consulte un psychologue.

On pourrait également évoquer les 750 millions de femmes et de filles dans le monde qui sont mariées avant l’âge de 18 ans. Plus une fille se marie jeune, plus elle court le risque de se retrouver dépendante et isolée socialement, autant de facteurs qui l’exposent de manière importante à la violence physique et sexuelle au sein du foyer.

Le simple fait d’être témoin de violences au sein du foyer peut se révéler dramatique. Un quart des enfants de moins de 5 ans vit avec une mère victime de violence au sein du couple. À l’âge adulte, ces filles et ces garçons courent plus de risques de perpétuer le cycle de la violence, dans le rôle de la victime ou de la personne maltraitante.

Le harcèlement et la violence entraînent des conséquences graves et durables. En effet, les filles évitent les disciplines majoritairement masculines, ou abandonnent carrément leurs études car elles ne se sentent pas en sécurité. Elles apprennent également à se taire et à être invisibles, et les statistiques concernant les inégalités entre les sexes restent consternantes.

 

A group of girls crowd around a globe, pointing at its surface.
UNICEF/UN0141031/LeMoyneDe jeunes filles apprennent à l’aide d’un globe gonflable. Ce globe fait partie du matériel scolaire fourni dans le kit « l’école-en-boite ». Centre d’apprentissage de transition du camp de réfugiés d’Uchiprang, près de Cox Bazar, au Bangladesh.

À l’occasion de la Journée internationale de la femme, nous mettons en avant les filles, les femmes, les garçons et les hommes qui en ont assez de cette situation. Leurs voix nous parviennent de lieux proches ou lointains, de régions en paix ou en guerre. Voici cinq actions qui vous permettront de rejoindre le mouvement afin de construire un monde où toutes les filles et toutes les femmes peuvent vivre loin de la peur et de la violence :

Ne commettez pas de violence. La violence envers les filles peut notamment prendre la forme d’intimidation, de harcèlement, ou d’agressions physiques et sexuelles. Elle peut s’exercer au sein du foyer ou dans l’espace public. Faites partie de la solution, pas du problème.

Parlez de violences sexuelles à une fille de votre famille ou de votre communauté. Expliquez-lui qu’un contact non souhaité n’est jamais acceptable, et que si quelqu’un la met mal à l’aise, elle a le droit d’en parler. Orientez-la vers des plateformes en ligne telles que U-Report qui lui permettent de rejoindre une communauté mondiale de près de cinq millions de personnes afin de sortir du silence.

Soutenez les jeunes militants mobilisés pour mettre fin à la violence envers les filles en relayant leurs récits auprès de vos amis, de votre famille et de vos réseaux au sens large. Attirez l’attention sur leurs avancées et contribuez à faire évoluer le débat. Affirmez haut et fort que le cycle de la violence prendra fin grâce à cette génération de jeunes filles et de jeunes garçons.

Participez à des campagnes telles que Time’s Up. Demandez des comptes aux auteurs de violences, et faites en sorte que les filles puissent vivre et travailler en sécurité lorsqu’elles seront adultes.

Dénoncez les actes de violences sexuelles et de harcèlement lorsque vous en êtes témoin et venez en aide aux victimes. La violence se perpétue lorsque l’on se tait. Nous devons tous faire clairement savoir que la violence envers les femmes et les filles ne sera pas tolérée.

 

Patty Alleman and Shreyasi Jha sont spécialistes du programme de genre au siège de l’UNICEF

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Commentaires :

  1. bonjour, je vous remercie et vous vous encourage à continuer à multiplier les efforts pour les actions visant à décourager les violences faites aux jeunes filles; ceci est une stratégie à décourager les violences faites aux jeunes filles. Je vois que les 5 actions sont orientées plus vers les violences sexuelles basées sur le genre mais on oublie toute autre forme des violences. Par obesrvation, je trouve que les violences sexuelles faites à la fille mineure de n importe quel âge sont une cause des autres violences basées sur le genre non sexuelle faie à elle même ou à sa mère ou tuteur. Dans mon pays pex. si les filles sunissent des viols en majeure partie,c est souvent parcequ elles ne sont pas considérées dans la communauté ayant les mêmes droit que les garçons dans les ménages d’abord. Et cela les expose à plusieurs sortes des violences: pas droit de bénéficier d’une éducation,de décidr sur l’orientation de sa vie etc. Mon avis serait qu’il faudrait revenir sur le changement decomportement de tous les deux côtés. Franchou, Country Gender Coordinator, Mercy Corps