Cartographie des inégalités en matière de bien-être chez les enfants dans les pays riches

Les recherches sur les inégalités oublient souvent de prendre en compte comment les enfants se situent les uns par rapport aux autres.

Le dernier Bilan Innocenti intitulé « Équité pour les enfants : tableau de classement des inégalités de bien-être entre les enfants des pays riches » examine les différences entre les enfants se trouvant au bas de l’échelle des inégalités et ceux se trouvant au milieu, cela dans 41 des pays les plus avancés. Le rapport classe les pays riches selon la façon dont ils laissent se creuser le fossé entre leurs enfants les plus défavorisés en matière de revenu, d’éducation, de santé et de satisfaction à l’égard de la vie.  Le Danemark obtient les meilleurs résultats d’ensemble avec des inégalités invariablement faibles dans les quatre différents domaines tandis qu’Israël et la Turquie se révèlent comme étant les plus inégalitaires.

L’inégalité tend à évoluer avec le temps. Le Bilan 13 répartit les pays en groupes distincts selon la façon dont les inégalités ont évolué. Par exemple, l’étude mesure l’inégalité de revenu comme l’écart existant entre les revenus du 10ème centile et la médiane ; cet écart est exprimé en pourcentage de la médiane. Par conséquent, l’inégalité pour les revenus les plus faibles peut s’aggraver à cause de deux raisons différentes :

  1. La  médiane croît plus vite que le 10ème  centile OU BIEN
  2. Le 10ème centile décroît plus vite que la médiane

 

Sur les 37 pays riches pour lesquels des données de tendance sont disponibles, treize ont connu une diminution importante de l’écart relatif de revenu chez les enfants de moins de dix-huit ans entre 2008 et 2013. Dans cinq de ces pays, la valeur médiane s’est accrue plus rapidement que le 10ème centile, qui peut être resté le même ou même avoir diminué : le Canada, la France, Israël, la Slovaquie et la Suède. Les huit autres pays ont connu un accroissement dans l’égalité des revenus parce que la médiane comme le 10ème centile ont diminué tandis que la partie inférieure de la distribution s’est réduite plus rapidement. Ce groupe comprend cinq pays du sud de l’Europe  (Chypre, la Grèce, l’Italie, L’Espagne et le Portugal) et trois pays de l’Europe de l’Est (Estonie, Hongrie et Slovénie). Quatre pays seulement sont parvenus à contribuer à l’augmentation des revenus des ménages avec des enfants à la fois au bas et au milieu de la distribution avec une augmentation relative plus importante du 10ème  centile : la République tchèque, la Finlande, la République de Corée et la Suisse.

Au cours de la dernière décennie, l’inégalité chez les adolescents en matière de santé s’est aussi accrue dans la grande majorité des trente-quatre pays pour lesquelles des données comparables sont disponibles. Dans la plupart de ces pays, les inégalités se sont accrues parce que les enfants se trouvant dans la partie inférieure de la distribution ont affiché des pertes plus importantes que ceux se trouvant au milieu. Pas un seul pays n’a connu une réduction des inégalités tandis que quelques uns n’ont pas connu du tout de changement notable.

En ce qui concerne la santé, il existe cependant un aspect plus positif. L’inégalité dans la fréquence de l’activité physique et dans les habitudes alimentaires nuisibles à la santé (p.ex. consommation de sucre dans les aliments et les boissons)  s’est réduite dans la majorité des pays. L’inégalité en matière de satisfaction à l’égard de la vie est restée largement stable.

Les tendances se rapportant à la réduction des inégalités dans l’éducation sont également encourageantes. Les écarts en matière de lecture chez les enfants âgés de 15 ans ayant participé au programme PISA ont diminué de façon importante dans vingt-et-un pays sur trente-huit entre 2006 et 2012. Le 10ème  centile a davantage progressé que le médiane dans tous ces pays sauf au Canada. Trois pays seulement ont connu un accroissement de l’écart concernant la lecture : la Bulgarie (parce que le 10ème centile a moins progressé que la médiane) ainsi que la Finlande et la Suède (parce que le 10ème  centile a davantage diminué que la médiane).

Nous devons nous rappeler en permanence que les enfants ne sont pas responsables des conditions dans lesquelles ils sont nés et ont été élevés. Prendre un retard important par rapport aux autres peut laisser une marque sur les vies actuelles des enfants et leurs perspectives d’avenir. Avec la publication du Bilan 13, le Bureau de recherche de l’UNICEF encourage  les pays riches à améliorer les conditions de vie, l’éducation, la santé et le bien-être subjectif de tous les enfants en offrant une aide additionnelle à ceux qui accusent le plus de retard.

Yekaterina Chzhen est spécialiste de politique économique et sociale auprès du Centre Innocenti de  de l’UNICEF 

Suivez UNICEF Innocenti sur Twitter : @UNICEFInnocenti

 

 

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