Au Mali, les super-papas prennent soin de leurs enfants

« On pourrait penser que je suis comme ça à la maison, mais c’est tout le contraire », me confie Jean-Bosco, vêtu de sa tenue d’agent de sécurité.

En effet, dans son uniforme officiel, Jean-Bosco ne donne pas l’impression d’être un père qui prépare la bouillie pour son bébé. Et pourtant, c’est ce qu’il fait chaque matin avant d’aller travailler.

un homme prépare à manger dans une cuisine
UNICEF Mali/2017/Harandane DickoJean-Bosco Diarra prépare une bouillie enrichie pour son fils Juvénal, âgé de 9 mois, dans la cuisine de leur domicile à Bamako, Mali

Au Mali, la fête des Pères n’est pas un événement particulièrement célébré. Il y a encore un grand déséquilibre entre les rôles que jouent les parents dans la vie de leurs enfants, car la société considère que la femme doit gérer tout ce qui a trait aux responsabilités parentales. Mais en côtoyant Jean-Bosco, j’ai compris que la tendance était au changement.

J’ai donc décidé de vivre une journée dans la vie de ce papa à contre-courant, un papa qui fait un travail généralement réservé aux hommes, mais qui s’implique activement dans la vie de ses enfants, dès les premiers moments. Sérieux et strict lorsqu’on le voit sur son lieu de travail à Bamako, la capitale, Jean-Bosco devient un papa tendre pour ses trois enfants une fois à la maison.

Jean-Bosco a gentiment accepté de me faire visiter sa maison et de me présenter à sa famille, composée de son épouse, leurs filles Mathilde et Rachel, âgées respectivement de 8 et 4 ans, et Juvénal, le dernier, âgé de 9 mois.

L’implication de Jean-Bosco dans les premiers moments de la vie de ses enfants n’est pas le fruit du hasard. Dans son village d’origine, Jean-Bosco a vu des enfants mourir de malnutrition – une maladie qui touche plus d’un enfant sur quatre au Mali. Aujourd’hui, c’est lui qui prépare la bouillie pour Juvénal et qui achète des fruits ou des légumes de saison, pleins de vitamines et abordables, pour les repas de la famille.

Mais son implication ne s’arrête pas à l’alimentation de ses enfants. Ne disposant pas de jardin d’enfants public dans son quartier et n’ayant pas les moyens d’inscrire ses enfants dans le privé, Jean-Bosco a eu une idée géniale. Enseignant de formation, il a mené les démarches nécessaires auprès des autorités administratives pour obtenir un local afin que les enfants de son quartier bénéficient d’un apprentissage précoce et soient mieux préparés à l’entrée en primaire.

Une salle de classe
UNICEF Mali/2017/Harandane DickoLe centre préscolaire communautaire que fréquente la fille de Jean-Bosco, âgée de 4 ans, a été créée grâce aux efforts de Jean-Bosco et de sa femme

Sa femme l’accompagne dans cette démarche en dispensant des cours. « Actuellement, le jardin compte trois classes : la petite, la moyenne et la grande sections. Cela me procure un réel bonheur et un sentiment du devoir accompli », m’explique-t-elle.

Ayant conscience que l’apprentissage commence bien avant le jardin d’enfants, Jean-Bosco veille à jouer avec ses petits à la maison.

« Je fais un travail considéré comme très masculin et même macho », explique-t-il. « Mes collègues trouvent que je suis strict, parfois trop, mais je fais tout simplement mon travail. À la maison, j’essaie d’offrir tout l’amour possible à ma famille, j’aime prendre soin de mes enfants, jouer avec eux et participer aux tâches ménagères avec ma femme, car ma famille est pour moi le plus beau des trésors. »

Pas besoin donc de super-pouvoirs, ni de grande richesse pour être un super-papa. Tout ce qu’il faut, c’est aimer ses enfants, prendre soin d’eux, jouer avec eux et les accompagner dans les différentes étapes de leur vie.

Un homme joue avec un enfant
UNICEF Mali/2017/Harandane DickoJean-Bosco Diarra joue avec son fils Juvénal, âgé de 9 mois, dans leur domicile à Bamako, au Mali

Les super-papas prennent soin de leurs enfants !

Fatou Diagne est chargée de communication à l’UNICEF Mali

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