Ebola : le récit d’une jeune femme de Guinée qui a survécu à la maladie

Retrouvez ici toutes les dernières informations sur le travail de l’UNICEF pour protéger les enfants et leurs familles dans les pays touchés par l’épidémie d’Ebola.

Peu de temps après le déclenchement de l’épidémie d’Ebola en Guinée, quand il semblait bien que les seules nouvelles étaient de mauvaises  nouvelles, le bureau de l’UNICEF en Guinée a commencé à recevoir des rapports sur quelque chose qui semblait quasiment impossible dans le contexte du moment : des victimes d’Ebola avaient quitté l’hôpital, après avoir complètement récupéré. Elles étaient en bonne santé et elles avaient même reçu des certificats de santé signés par les autorités sanitaires, au terme desquels elles pouvaient retourner à une vie normale en toute sécurité.

Nous savions qu’il y a aurait peu de survivants mais les premiers jours de l’épidémie étaient assez sombres pour transformer les plus optimistes en personnages cyniques. Les propos tenus sur les taux de mortalité très élevés ; sur une propagation rapide du virus vers la capitale et au-delà des frontières dans les pays voisins ; et la peur,  visible dans les rues, absorbait l’énergie psychique de ceux qui y vivaient.

Mais elles étaient bel et bien là : des personnes faibles et clignant des yeux face à la  lumière du soleil mais en bonne santé, sortant des pavillons d’isolement. Et pas seulement les rares chanceuses et chanceux auxquels nous nous attendions mais plus de 30 % de tous celles et ceux qui avaient été infectés.

Le sujet, repris par les médias, s’est rapidement transformé en stigmatisation de ces personnes. Les journalistes ont raconté comment elles n’étaient pas bienvenues à leur travail, chez elles, mais pour beaucoup d’entre elles, la stigmatisation n’a pas duré et d’autres ont été bien accueillies, presque immédiatement, dans leurs vies d’avant.

L’UNICEF a rencontré une personne ayant survécu à Ebola, l’un des premiers cas dans le pays : Kadiatou*. Elle nous a rencontrés dans une des rues principales de Conakry et nous a emmenés chez elle,  en passant des dizaines d’enfants en train de jouer au football sur des chemins boueux. Nous nous sommes assis en cercle sur des chaises en plastique pendant que sa mère étendait la lessive derrière nous.

« Je ne sais pas du tout comment j’ai contracté Ebola, » a-t-elle dit en mâchant un sachet d’aliments thérapeutiques prêts à l’emploi, cela dans le cadre du traitement faisant suite à l’infection. Les aliments thérapeutiques prêts à l’emploi sont normalement distribués comme aliments de première urgence aux milliers d’enfants qui, ici, sont atteints de malnutrition sévère aiguë. Les personnes touchées par Ebola perdent beaucoup de nutriments et de fluides à la suite des vomissements et de la diarrhée et les aliments thérapeutiques prêts à consommer les aident à retrouver leurs forces.

« Je suis étudiante en médecine et, dans mon travail, je rencontre beaucoup de personnes malades. »

Les symptômes initiaux présentés pas Kadiatou étaient assez caractéristiques de nombreuses affections : une apparition soudaine, des maux de tête violent et une température élevée suivis de vomissements et de diarrhée. Ses connaissances en tant qu’étudiante en médecine ont probablement empêché Kadiatou de transmettre Ebola à ceux qui se sont occupés d’elle. « Quand ma tante nettoyait mon vomi, j’insistais pour qu’elle se lave les mains à l’eau de Javel. »

Dans le cadre de notre intervention, l’UNICEF a distribué une grande quantité des produits que les familles utilisent pour protéger leurs proches, notamment plus de 350 000 bouteilles de chlore et presque un million de savonnettes ainsi que le nécessaire pour désinfecter les chambres d’hôpitaux et les maisons des victimes du virus.

Quelques jours après avoir subi un test pour Ebola qui s’est révélé positif, Kadiatou a été envoyée directement au pavillon d’isolement de l’hôpital de Donka. Le centre d’isolement était plein de monde. Les familles amenaient de la nourriture à leurs proches malades. Et, « il y avait de nombreux journalistes. »

« Au début, nous étions dans la même salle. Mais, comme l’état de certains patients s’améliorait, ceux-ci ont été séparés de ceux qui n’avaient pas autant de chance. J’ai su immédiatement que je survivrais quand j’ai vu un malade se rétablir. Je pensais : « Peut-être cela est-il aussi possible pour moi. ». Pendant les premiers jours, j’étais désespérée. J’ai bu de grandes quantités d’eau minérales et j’ai pris des infusions… Peut-être cela m’a-t-il aidée à survivre. »

Kadiatou holds up the certificate declaring her healthy status.
Kadiatou tient le certificat la déclarant en bonne santé. (c) UNICEF Guinea/2014/Timothy La Rose

Après ce qui a dû lui sembler une éternité, mais qui en temps réel ne représentait que quelques semaines, Kadiatou a reçu des vêtements neufs et un certificat la déclarant en bonne santé et elle a été renvoyée chez elle.

Nous l’avons interrogée sur la stigmatisation contre les ex-victimes d’Ebola dont il est fréquemment fait état. « Quand je suis retournée à l’école, certains de mes amis m’évitaient mais maintenant cela va mieux. Les gens ne croient pas que j’ai eu la maladie parce qu’ils ne peuvent pas croire que j’ai survécu. »

Bien sûr, Kadiatou a conscience du fait qu’Ebola est une chose réelle. Mais l’UNICEF reste vigilant et veille au maintien de l’information de la population. Nous nous sommes rendus sur les marchés, dans les mosquées, les églises, les écoles à la radio et à la télévision et  nous avons apporté des informations sur Ebola pour que le personnel médical et les personnes ordinaires soient équipées de connaissances pour se protéger, elles et leurs enfants. À ce jour, l’UNICEF et ses partenaires en Guinée ont aidé plus de 3,2 millions de personnes.

« Les autres m’appellent « Kadiatou la nouveau-née parce que j’ai reçu une seconde chance. »

Timothy La Rose est un Spécialiste des communications pour l’UNICEF et est basé à Conakry, en Guinée.

Pour plus d’informations sur l’épidémie provoquée par Ebola, veuillez vous rendre sur le site Internet de l’Organisation mondiale de la santé.

* Son nom a été modifié

Tags:

Leave a reply

Your email address will not be published. Required fields are marked with “required.”

Comments:

  1. ‘Kadiatou, a survivor from Guinea story really touched me greatly, a felt that once infected, death was the final. In my country, Liberia, people are dying on astry and not much attention is paid to the victims. Despite her medical knowledge about the sickness, someone who never knew about the sickness rescue her. Her aunt was the first medical doctor. Hope her story will be a lesson to all reader. Rejection is the cause for many death in the case of Liberia.

  2. Very interesting, Cristina. In the USA there is much breaking news about the health care workers with Ebola who are being transferred home to Atlanta to the Center for Disease Control. This story was helpful to me in my understanding. Seems hopeful. Thanks so much!

  3. In Nigeria instead of people to act and face reality, they ascribed EVD to spiritual and supernatural cause.

  4. Olorunshola,perhaps we shld all look towards fighting dis dreadful disease and stop fixating on wat Nigerians did or didnt do.Besides,i am aware Nigeria is actually wrking hard behind d scene in d midst of limited resources to contain dis epidemic nd are therefore not as ignorant and clueless as u make it sound.pls do not make a mockery of the hardwrk and sacrifices a few of us are putting in!And no,i am not a govt official!!

  5. Olohunshola,your comment is not correct.The outbreak is being handled with great zeal and professionalism in Nigeria.I must commend the Govt on this,especially Lagos state govt.This is a sharp deviation from the normal govt laid back attitude.