Une lourde tâche en perspective: Éduquer les enfants les plus vulnérables dans le monde

Depuis 2000, nous nous réjouissons de la hausse du nombre d’enfants scolarisés dans le monde. Mais c’est maintenant que commence le véritable travail.

De nouvelles recherches publiées aujourd’hui indiquent que les progrès stagnent. À cause de cette tendance, je crains que nous n’atteignions pas l’objectif du Millénaire pour le développement de l’éducation primaire universelle d’ici 2015.

A girl stands in a classroom of her primary school in Bauchi state, Nigeria.

Nailatu, 12 ans, est inscrite à l’école primaire dans le village de Toro, État de Bauchi, au Nigéria. Le Nigéria peine à assurer une éducation de qualité pour les enfants, particulièrement pour les filles. © UNICEF/NYHQ2014-0710/Eseibo

Pourquoi ce ralentissement ?
Nous connaissons la raison de ce changement dans les prévisions : les enfants les plus vulnérables dans le monde n’ont pas bénéficié d’un accès équitable à l’éducation. Même scolarisés, des millions d’enfants n’acquièrent pas les bases de la lecture, de l’écriture, des mathématiques et des aptitudes à la vie quotidienne nécessaires pour s’assurer une vie décente et un emploi sûr.

Ce sont les enfants des foyers les plus pauvres qui sont touchés. Les enfants dont les maisons et les écoles ont été détruites par la guerre, la violence, ou les catastrophes naturelles. Les enfants dont l’accès à l’éducation est limité par un handicap. Les enfants des villages isolés ne disposant pas de transports vers l’école la plus proche. Les enfants obligés de travailler pour aider leur famille à joindre les deux bouts.
Le plus souvent, ce sont les filles qui sont touchées.

Les chiffres

Les nouvelles données publiées par l’Institut de statistique de l’UNESCO et le dernier rapport mondial de suivi sur l’éducation pour tous révèlent que :

  • Près de 58 millions d’enfants en âge d’aller à l’école primaire n’y vont pas;
  • 53 pour cent d’entre eux sont des filles;
  • Plus de 40 pour cent des filles en âge d’être scolarisées dans le secondaire en Afrique de l’Ouest et centrale ne vont pas à l’école;
  • Le nombre d’enfants dans le monde ne sachant pas lire, écrire ou calculer est estimé à 250 millions; 130 millions d’entre eux ont passé au moins quatre ans à l’école;
  • Plus de 60 pour cent des jeunes analphabètes dans le monde sont des femmes.

L’engagement
Les efforts nécessaires pour relancer les progrès impliquent une coopération. Le Partenariat mondial pour l’éducation rassemble des responsables de l’éducation du monde entier les 25 et 26 juin dans le cadre de sa seconde campagne de reconstitution des ressources.

Le Directeur général de l’UNICEF Anthony Lake et moi-même participons à cette rencontre. Le Directeur général réaffirmera l’implication de l’UNICEF en annonçant les engagements suivants :

  • Donner la priorité à et défendre l’éducation dans les situations d’urgence;
  • Identifier et développer des innovations afin d’améliorer l’équité de l’éducation et les résultats d’apprentissage pour les enfants défavorisés;
  • Axer les efforts sur le développement de l’éducation pour les filles, avec une attention particulière aux filles marginalisées;
  • Accroître l’accès aux possibilités d’apprentissage précoce de qualité pour tous les enfants;
  • Mener la révolution des données sur l’équité dans l’éducation.

Sur le terrain
Le Partenariat mondial pour l’éducation (PME) et l’UNICEF travaillent en étroite collaboration pour mettre en œuvre les stratégies. L’UNICEF s’occupe de la planification, l’analyse, le suivi et l’évaluation des politiques, et apporte un appui au PME en matière de plaidoyer. Dans 40 pays, l’UNICEF coordonne, gère et supervise les programmes du PME.

En Afghanistan, par exemple, l’UNICEF travaille avec l’appui du PME pour fournir des alternatives à la scolarisation comme les centres d’apprentissage accéléré et les écoles communautaires. Les programmes ont atteint plus de 95 000 enfants, dont une majorité de filles.

En Sierra Leone, un pays fragile au lendemain des conflits, l’UNICEF et le PME ont mis en place des programmes de bourses pour les filles du premier cycle du secondaire afin d’accroître leurs chances de poursuivre leurs études.

L’UNICEF et le PME ont également tendu une main aux enfants difficiles à atteindre via l’Initiative mondiale en faveur des enfants non scolarisés.
Cette initiative – un partenariat entre l’UNICEF, l’Institut de statistique de l’UNESCO, avec un appui financier du PME – recueille et analyse des données permettant de déterminer le nombre d’enfants non scolarisés. Elle permet d’identifier où se trouvent ces enfants et les obstacles qui les empêchent d’aller à l’école. En coopération avec les autorités locales et nationales, l’initiative recommande des stratégies ciblées pour le changement. Il peut par exemple s’agir de transferts d’argent pour les familles pauvres, d’incitations à envoyer les filles à l’école, et de salles de classe accessibles pour les enfants handicapés.

Les défis à relever
Nous savons qu’en offrant des possibilités d’éducation aux plus difficiles à atteindre, nous remportons plusieurs batailles : l’apprentissage s’améliore, l’engagement communautaire est renforcé, et les enfants, notamment les filles, peuvent exercer leur droit à l’éducation.

Je crois également que nous devons éradiquer les attitudes et comportements sociaux nuisibles qui portent atteinte aux écoles en tant que lieux favorables à l’apprentissage. Les nouvelles données confirment que la violence sur le chemin de l’école et à l’école constitue un obstacle de taille à l’apprentissage des filles. Le mariage des enfants prive également les filles de leur droit à l’éducation. Cela ne peut être toléré.

Investir dans l’éducation des filles c’est renforcer leur dignité. C’est aussi payer les dividendes du développement. Les recherches ont monté que les femmes instruites sont plus susceptibles de se marier et d’avoir des enfants plus tard, de faire vacciner leurs enfants, d’améliorer leur potentiel de rémunération, et de contribuer à la prospérité de leur communauté.

En tant que communauté globale, nous avançons. Mais les efforts pour atteindre les enfants les plus vulnérables dans le monde sont encore devant nous. Nous savons que cela est possible. Alors, mettons-nous au travail.

 

Geeta Rao Gupta, Directrice générale adjointe de l’UNICEF

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